’Autorité de la concurrence a récemment publié un avis sur le fonctionnement concurrentiel du secteur de l’agroéquipement en France, centré principalement sur le marché des tracteurs. Bien que cette analyse ne vise pas spécifiquement les cultures spécialisées, ses enseignements concernent l’ensemble des exploitations agricoles.
L’Autorité constate d’abord que la fabrication et la commercialisation des tracteurs sont dominées par un nombre limité de grands constructeurs internationaux (AGCO, John Deere, CNH et CLAAS). Cette forte concentration, associée à des investissements technologiques élevés, réduit les possibilités d’entrée de nouveaux acteurs et peut limiter la pression concurrentielle sur les prix et l’offre.
Du côté de la distribution, la situation apparaît plus nuancée. La concurrence entre marques reste globalement effective, offrant aux exploitants plusieurs options à l’achat. En revanche, la concurrence entre concessionnaires d’une même marque est souvent restreinte par des exclusivités territoriales. Concrètement, cela signifie que, dans certaines zones, un viticulteur peut n’avoir accès qu’à un interlocuteur unique pour une marque donnée, ce qui limite les possibilités de comparaison.
Ces contraintes sont encore plus sensibles pour les services de réparation et d’entretien. L’accès réservé aux pièces d’origine, aux logiciels embarqués et aux outils de diagnostic confère un avantage déterminant aux réseaux agréés, réduisant la place des réparateurs indépendants et la liberté de choix des exploitants.
Face à ces constats, l’Autorité recommande de clarifier et d’assouplir certaines clauses contractuelles entre constructeurs et distributeurs et d'assouplir les exclusivités territoriales en clarifiant les contrats de concession. Elle demande aux constructeurs de ne pas enfermer leurs concessionnaires dans une relation de dépendance, en allégeant ou supprimant certaines clauses trop contraignantes. Elle recommande notamment de limiter les interdictions d’investir ailleurs et d’éviter d’imposer, même indirectement, la vente de gammes de produits complémentaires. L’objectif étant, selon l'Autorité, de renforcer la concurrence au sein des réseaux et, à terme, d’améliorer les conditions d’accès aux équipements et aux services pour l’ensemble des filières agricoles, viticulture comprise.




