Après les vendanges

Les manifestations vont se multiplier dans le Midi

Jeudi 03 août 2017 par Alexandre Abellan

« La France doit prendre ses responsabilités pour protéger ses producteurs, livrés à défaut aux spéculateurs par le libéralisme européen » clame Frédéric Rouanet, prêt à reprendre la tête des cortèges languedociens dès la rentrée.« La France doit prendre ses responsabilités pour protéger ses producteurs, livrés à défaut aux spéculateurs par le libéralisme européen » clame Frédéric Rouanet, prêt à reprendre la tête des cortèges languedociens dès la rentrée. - crédit photo : Michèle Trévoux (archive manifestation 23 mai)
Avec les importations de vins espagnols, le Languedoc voit rouge : une série de manifestations se prépare, afin d'attirer l’attention des pouvoirs public. Quitte à faire pression toute la fin d’année pour obtenir des avancées.

Obtenue après les manifestations de mars à Narbonne et de mai au Boulou, la rencontre des syndicats viticoles languedociens avec le cabinet du ministre, qui devait se tenir lundi, a été déprogrammée par un simple mail. Un report pour la plus grande exaspération des vignerons du Midi. Il faut dire qu’initialement, « le ministère de l’Agriculture nous avait promis un rendez-vous avant les législatives. Maintenant on est reportés au 6 septembre » regrette Frédéric Rouanet, le président du syndicat des vignerons de l’Aude.

Demandant des gestes forts au gouvernement, la filière occitane prévoit donc de faire pression dans la rue. Une première manifestation se dessine dès la fin des vendanges, à la rentrée, dans l’Aude. La mobilisation devrait être suivie par d’autres rassemblements dans tout le Languedoc, à un rythme qui devrait être soutenu. Le syndicat audois doit tenir une conférence de presse dans en août pour préciser son plan d’action.

"On va vers des problèmes sur le terrain…"

Appelant à une mobilisation rapide des pouvoirs publics, le viticulteur audois ne cache pas sa crainte de débordements dans le vignoble languedocien. « Il faut que la problématique viticole des importations soit davantage prise au sérieux. Quand les syndicats n’arrivent pas à obtenir des avancées, certains se révoltent tout seuls et ce n’est bon pour personne. »

D’après le syndicaliste, les cuveries languedociennes sont écrasées avant les vendanges par un million d’hectolitres de vins vendus, mais non retirés, et un million hl non contractualisés. « L’inquiétude est que ce stock fasse le lit des spéculateurs » rapporte Frédéric Rouanet. La petite récolte annoncée (11,6 millions hl, -6 %) pourrait bien rétablir les équilibres, mais la baisse des cours sur la dernière campagne vrac, malgré la sécheresse 2016, n’alimente pas l’optimisme.

4 revendications

Le gouvernement est prévenu, la rentrée viticole s’annonce chaude. Mais ne faites pas rimer la tension de 2017 avec la révolution de 1907. « Chaque période a son histoire, nos aïeux ont écrit la leur à leur manière, dramatique, nous écrirons la notre différemment » balaie Frédéric Rouanet. Travaillant depuis des mois avec de multiples opérateurs de la filière, le viticulteur se veut constructif avec un projet alternatif « faisable, qui ne coûte rien et n’est que réglementaire ». Ses quatre revendications vont de l’allégement des charges administratives, fiscales et environnementales sur les exploitations viticoles à la réglementation européenne en cas de surproduction de vin, en passant par la sortie du vin de la loi Évin et la création d’outils rendant complémentaires, et plus adversaires, les vignobles français, espagnols et italiens.

Demandant désormais des actions, le viticulteur précise que « tout n’est pas la faute du gouvernement », saluant les avancées (ouverture des États Généraux de l’Agriculture sur la marge de la grande distribution, lancement du premier comité mixte vitivinicole franco-espagnol…).

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albert Le 07 août 2017 à 13:18:26
Tout en siphonnant depuis 1976-77 les aides publiques de toute nature (régionale, nationale et UE), notamment en sur-primant les groupements de producteurs et cette connerie administrative des schémas directeurs, sans que cette manne constitue le bras de levier à la mise en œuvre d'une vraie stratégie de filière - désolé pour Oc mais je ne suis pas certain que les marques "cépages" connues à ce jour aient existé sans l'initiative du négoce -, le LR a "nourri" un caste de leaders syndicaux (Verdale, Courret, ... Huillet, Verdier, etc. ..) largement plus portée sur la posture du coup de gueule et du coup de menton que sur la capacité à analyser, à réfléchir et à proposer (une exception : Jean Louis Piton). Il ne suffit pas de trouver par quelle nouvelle procédure Shadock on va pouvoir continuer à cramer des fonds FEAGA ou FEADER si en arrière plan il n'y a pas un vrai projet. Quant au dossier des distorsions de concurrence au sein de l'UE (inégalités entre EM > fiscalité, obligations administratives), je n'ai aucun souvenir qu'il ait été creusé par le syndicalisme aux fins de forcer le MinAgri à s'en saisir ... et à le porter au débat à Bruxelles. Enfin, il me semble que de tout temps, les acteurs "moins chers" se sont positionnés favorablement sur leur marché. Reste à savoir de quel marché l'on parle ! .... je rappelle que des lots de nos propres AOP, de qualité avérée très basique (et pourquoi l'AOP alors ? .. autre débat), interfèrent par leur "prix" sur le segment d'offre des IGP en GD ou HD. Bon. Alors à quand une vision stratégique ? ... à quand une vraie lucidité et une offre "honnête" (pourquoi agréer quasiment 100% ou peu s'en faut des volumes revendiqués tant en AOP qu'en IGP ?). Alarmer l'opinion sur les biais de concurrence ... je veux bien ... mais que la lessive soit d'abord faite en interne.
sopena Le 06 août 2017 à 18:09:38
marre que le négoce et la gd ce gave sur notre dos , et la majorité avec macron en a rien a foutre de nous ,on meurt en silence les elus en on rien a foutre , l Espagne ,l Italie , le crece ,,,,,,,, etc brade avec moins de charge et de contraintes que nous ,
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