a zone de turbulences du printemps-été 2025 semble être derrière elle. La cave Robert & Marcel a retrouvé de la sérénité en ce début d’année. Pas tant que tous les problèmes soient réglés à la coopérative saumuroise (1 700 hectares et 132 apporteurs), mais les sujets ont été pris à bras le corps par une nouvelle équipe depuis la démission de l’ancien conseil d’administration et l’éviction de son directeur. Aux manettes, le nouveau président Guillaume Le Lay et son directeur de transition Bernard Jacob ont fait face récemment à leurs adhérents lors de l’assemblée générale annuelle de présentation des comptes 2024-2025. “Les constats ont été faits, on connait les difficultés. On a lancé des actions pour se redresser. J’ai senti de la confiance dans ce projet”, résume le président.
Sur l’exercice clos au 31 juillet 2025, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires en recul de 4 %, à 28,3 millions d'euros. Comme pour beaucoup d’acteurs de la filière, le marché français a été à la peine, que ce soit en grande distribution ou dans le secteur traditionnel, soit un recul de 9 %. L’export est en revanche en hausse de 16 % porté dans l’ordre par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Allemagne. Avec en particulier un produit phare : le crémant de Loire qui représente 35 à 40 % de la production sur les deux derniers millésimes. “Par des choix antérieurs, le marché du vrac a été délaissé. On a décidé de le relancer”, indique également Guillaume Le Lay.
Au-delà des résultats commerciaux, la première des difficultés de la structure, c’était son niveau d’endettement. Depuis six mois, les choses ont avancé sur ce plan avec, tout d’abord un apurement de tous les impayés aux fournisseurs. Il restait à régler les dettes auprès des banques, soit pour des prêts d’investissements, soit pour des courts-termes de trésorerie pour un montant de 13 millions €. “Nous venons de trouver un accord avec trois établissements bancaires pour un étalement sur 7 ans”, annonce le président. “Nous avançons bien sur ce sujet et nous sommes revenus à un niveau d’endettement tout à fait normal”. Par ailleurs, des économies ont été lancées en supprimant tout investissement non-essentiel, en diminuant le service marketing (de 9 à 2 personnes). “Mais on a renforcé nos équipes de production”, souligne le président.
Conséquence de toutes ces difficultés, la rémunération des adhérents sur la récolte 2024 a été fortement impactée : elle passe de 15,8 à 8,8 millions €. “Un effort très important a été demandé. Il doit être exceptionnel pour la survie des entreprises adhérentes. L’objectif de l’exercice en cours est de revenir à la normale et dépasser la rémunération de 2023”, poursuit le président. En tout cas, selon ce dernier, le plan de redressement lancé il y a plus de six mois est dans les projections du prévisionnel. A fin 2025, si le commerce en bouteilles accuse une baisse en France, il a progressé à l’export de 10 % ; tout comme le vrac en hausse de 32 %.




