as de soutien financier miracle pour les caves coopératives et leurs restructurations. Accueillis ce lundi 9 février rue de Varenne à Paris par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, les représentants viticoles ont officiellement reçu les conclusions sur la nécessité d’un soutien public aux restructurations des caves coopératives par le Conseil Général de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER, lancé en mai 2025 et finalisé en décembre dernier), mais ne peuvent plus s’appuyer sur les 10 millions € obtenus auprès des parlementaires en février 2025 pour l’année passée. « Nous n’avons pas eu d’enveloppe votée en tant que telle pour la restructuration des caves coopératives dans le budget 2026. Nous n’avions pas ce levier pour mettre la pression sur les pouvoirs publics » rapporte Joël Boueilh, le président des Vignerons Coopérateurs, ce mardi février sur le salon Wine Paris. Alors que l’État vient d’assigner 130 millions € pour le plan d’arrachage définitif, il n’y a plus de ligne budgétaire disponible.
La mobilisation continue
Pourtant, les conclusions du CGAAER restent les mêmes « le statu quo n’est pas une option et les pouvoirs publics doivent accompagner la restructuration des caves coopératives » rapporte Joël Boueilh, qui acte l’absence de budget pour une aide à la restructuration en 2026, alors qu’il porte depuis deux ans, jour pour jour sur le salon Wine Paris, la demande de 25 millions d’euros de soutien (à l’époque auprès de Marc Fesneau, alors ministre de l’Agriculture). En clair, « il est sûr que l’on n’a pas de chèque blanc signé aujourd’hui » résume le viticulteur de Saint-Mont (Gers), qui reste combatif : « je ne fais pas le deuil de nos demandes qui nous continuerons de porter auprès des pouvoirs publics ». Dans ce sacerdoce, « ce n’est pas fini, il faut prêcher ».
Comme le relève un communiqué de presse de la coopération viticole, « le CGAAER propose une série de mesures fortes pour l’accompagnement de la restructuration des caves coopératives : audits, prêts structurels, fonds de soutien à la restructuration des caves coopératives, bonification des dispositifs d’aides existants. » Des mesures à financer et à déployer souligne Joël Boueilh au lendemain de la réunion : « on peut être partagé entre le verre à moitié vide de ce que l’on n’a pas réussi à obtenir et le verre moitié plein de ce qui bouge. On va travailler pour continuer à remplir le verre. » Concrètement, le président des caves coop françaises rapportent deux avancées.
Consolidation de la dette bancaire
D’abord la mise en place imminente* des prêts de restructuration des encours bancaires désormais ouvert aux caves coopératives : 3 millions € de prêts de restructuration pour un remboursement entre 7 et 12 ans, 5 millions € pour une durée entre 5 et 7 ans, avec une garantie de 100 % par la BPI en dessus de 2 millions € et de 70 % au-dessus. L’outil financier est « concret, mais l’opportunité donnée aux caves de restructurer leurs prêts ne doit pas servir de retardateur à des situations déjà compliquées économiquement alors qu’il faut des mesures de restructurations plus concrètes. Masquer la dette en la restructurant permettra-t-il de tenir ? Il faut être vigilant » analyse Joël Boueilh.
Le président des Vignerons Coopérateurs est également intéressé par les modalités d’audits des caves coopératives menés en Nouvelle-Aquitaine avec l’appui de la région et de la préfecture, ainsi que du CGAAER qui a dépêché un expert. « Réaliser des audits des caves et avoir une voix objective pour toucher du doigt la situation réelle des caves coopératives est très pertinent. La ministre s’est engagée à activer dès la semaine prochaine ses relais dans les différentes régions afin d’enclencher des diagnostics. Cela permettra de pointer du doigt les besoins de mise en œuvre des mesures » se projette Joël Boueilh, qui ne laisse pas tomber ses demandes d’aides à la restructuration.
« J’ai bien compris que les pouvoirs publics ne sont pas enclins à lâcher les euros comme ça, nous devons, nous professionnels et caves coopératives, nous mettre ordre de marche pour se réorganiser » fixe Joël Boueilh, évoquant l’impérative nécessité de « réorganiser l’offre, d’investir dans de nouveaux produits et process pour produire des vins qui répondent aux attentes des nouveaux consommateurs. » Et qui permettent aux adhérents de coopératives de se projeter vers un avenir rémunérateur et rassurant.
* : Dès la promulgation du budget 2026, attendue le 20 février prochain.




