alidé ce 2 février par l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances pour 2026 n’acte pas que le financement à 130 millions d’euros de l’arrachage définitif pour le vignoble. Ce 6 févier, un communiqué du ministère de l’Agriculture liste ainsi « une enveloppe exceptionnelle de prise en charges de cotisations sociales MSA à hauteur de 5 millions € à destination des filières en difficulté », « la prorogation de la déduction pour épargne de précaution (DEP) », le maintien du « seuil des exonérations des plus-values de cessions des exploitations agricoles »… Et « la prorogation du crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique » (AB) de 4 500 € par exploitation certifiée et « la prorogation du crédit d’impôt en faveur des entreprises agricoles obtenant une certification de haute valeur environnementale (HVE) » de 2 500 € par nouveau certifié. « Ces deux crédits d’impôt seront bien appliqués dès le premier janvier 2026 en tant que crédits d’impôt, et non en tant que réductions d’impôt » précise le ministère*.
La prorogation du crédit d’impôt bio est « le seul point positif de ces dernières semaines » soupire Sébastien David, président de l’interprofession FranceVinBio à l’occasion du salon off de la Levée de la Loire et de Demeter à Paris ce 8 février. S’il aurait préféré que les 6 000 € demandés par la filière AB soient obtenus, le vigneron de Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Indre-et-Loire), ne cache pas qu’il avait « peur que ça ne passe pas. C’est un crédit après imposition qui est important pour la viticulture bio. » Et ce alors que les surfaces de vignes bio ont baissé de 4 % en 2024 (-6 724 hectares certifiés bio par rapport à 2023). La tendance est au grand coup de ralentissement pour HVE, qui affiche désormais de faibles croissances.
Sur le cuivre
Si la prorogation du crédit bio est « le seul point positif de ces dernières semaines » pour Sébastien David, c’est qu’entre une crise politique française et une menace de taxes à 200 % du président américain, le vigneron s’inquiète de l’impasse qui s’annonce pour la protection antimildiou du vignoble. L’ANSES ayant, en juillet 2025, drastiquement réduit les conditions d’utilisation de 2 fongicides à base de cuivre (dès ce millésime 2026) et purement refusé le renouvellement de 20 autres Autorisations de Mise en Marché (AMM, encore utilisables en 2026 pour vider les stocks). « Produire du raisin sans cuivre, je ne suis que paysan, je ne sais pas comment faire. Ça me semble infaisable » soupire Sébastien David, appelant le gouvernement à se mobiliser pour résoudre l’impasse, touchant les bio, mais aussi les conventionnels.
* : Qui ajoute qu’« une régularisation juridique de ces deux crédits d’impôt interviendra en projet de loi de finances pour 2027. Dans le cas où le projet de loi de finances pour 2027 serait adopté en 2027, cette régularisation juridique s’appliquera de manière rétroactive en 2026. »




