endez-vous est fixé ce lundi 9 février rue de Varenne à Paris par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, aux représentants du vignoble pour la remise officielle du rapport sur le soutien aux restructurations des caves coopératives par le Conseil Général de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER). Lancé en mai 2025 et finalisé en décembre, cet audit national doit être restitué pour espérer passer à la phase de concrétisation. L’impatience montant dans le vignoble, « pour tout : sur l’arrachage, les prêts de restructuration… Et la restructuration des caves coopératives, alors que le rapport du CGAAER va dans notre sens : les pouvoir publics doivent être en soutien du travail de fond de restructuration » résume Joël Boueilh, le président des Vignerons Coopérateurs, qui porte la demande de 25 millions d’euros d’aide aux coopératives depuis début 2024, ce qui lui avait permis d’obtenir 10 millions € auprès des parlementaires en février 2025 : des fonds perdus avec les délais de l’audit du CGAAER.
« Maintenant on a besoin d’arrêter les atermoiements et d’avancer efficacement dans le sens des intérêt des vignerons » pose Joël Boueilh, le viticulteur de Saint-Mont (Gers), qui ne cache pas l’urgence de la situation : « 2026 est l’année de tous les dangers. Il faut prendre des mesures d’accompagnement et les mettre en œuvre pour reprendre la main. Nous sommes pris dans une successions d’aléas climatiques, commerciaux, géopolitiques… Nous subissons en permanence. » Alors que les projets de fusion et d’absorption se multiplient dans la filière (comme la cave de Saint-Mont à laquelle appartient Joël Boueilh qui veut se rapprocher de la cave de Madiran), « les pouvoirs publics doivent être au côté des acteurs pour les aider à se réorganiser et à se recalibrer tant au niveau de la production que de la mise en maché » souligne le président des Vignerons Coopérateurs.
Entre outils de vinification surdimensionnés (arrachage et aléas climatiques réduisant les rendements) et chaînes de conditionnement en surcapacité (face aux marchés marqués par la déconsommation), la réorganisation de l’outil coopératif est urgente pour éviter les risques de casse. Mais encore faut-il le financer. En la matière, « on est dans le flou le plus complet » concède Joël Boueilh, pour qui « ce sera la volonté de la ministre de l’Agriculture de mettre l’argent de côté pour accompagner la restructuration des caves coopératives. Nous allons avoir besoin d’audits, d’accompagnements, de projets pour mener tous les sujets de réorganisations de sites, d’accompagnements des fonds propres pour digérer les fusions et absorption, de remettre à niveau les outils en difficulté. Parlons-en et avançons. »




