ientôt le grand jour pour la mise en œuvre du plan de sortie de crise viticole ? C’est l’espoir affirmé par l’Association Générale de la Production Viticole (AGPV*) dans un communiqué paru ce 12 janvier, également signé par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (d'autres syndicats agricoles s'opposant aux mesures proposées**) : « de nombreux échanges se sont tenus ce weekend entre les structures membres de l’AGPV et Annie Genevard [la ministre de l’Agriculture]. Ces discussions soutenues ont permis de faire progresser rapidement les négociations, dans un contexte de crise qui devient chaque jour plus intenable sur le terrain pour les exploitations viticoles. »
Confirmant l’annonce d’Annie Genevard ce vendredi 9 janvier, les représentants de la filière vin indique que pour la « demande de financement d’un nouveau plan d’arrachage visant à rééquilibrer durablement l’offre et la demande de vin », « la ministre de l’Agriculture a annoncé le lancement officiel de ce dispositif, doté de 130 millions d’euros, à l’occasion du Conseil spécialisé vin et cidre de FranceAgriMer mercredi » 14 janvier. Pour permettre un départ de la filière aux vignerons en fin de carrière, « les critères actuellement retenus accordent en priorité une place aux arrachages totaux » indique l’AGPV, ajoutant que « s’agissant des arrachages partiels, les critères sont encore en cours de négociation », mais que « la filière demande qu’ils soient les plus simples possibles ».
En avance de phase, le dispositif « sera alors ouvert pour l’ensemble des vignerons qui pourront commencer à renseigner leur souhait d’arrachage », ce qui anticipe l’autorisation réglementaire européenne (la publication du paquet vin, attendue pour mars) et l’obtention du budget de 130 millions € (permettant l’arrachage de 32 500 hectares avec la prime de 4 000 €/ha). Une enveloppe liée au devenir du Projet de Loi de Finances 2026 (PLF), lié au devenir du gouvernement et à l’Assemblée nationale, entre motions de censure et menaces de dissolution. « Dans ce contexte, l’AGPV appelle solennellement l’ensemble des parlementaires, de tous bords politiques, à agir avec responsabilité afin que la France se dote au plus vite d’un budget » indique le communiqué, pour qui de nouveaux blocages gouvernementaux et parlementaires « entraîneraient l’impossibilité d’adopter un budget, et par conséquent l’absence de crédits nationaux dédiés à l’arrachage. Les députés et sénateurs ont un rôle central à jouer : la viticulture ne peut être sacrifiée sur l’autel des tergiversations et querelles politiciennes. » Après les aléas climatiques et économiques, voici les incertitudes politiques qui reviennent peser sur la filière vin.
La filière vin demande également des avancées rapides pour ses aides à la distillation de crise (80 millions € demandées par la filières, mais suspendues au retour de la Commission Européenne sur l’accès français aux fonds communautaires de réserve) et de soutien à la trésorerie (prêts de consolidation des dettes et allègements de charges sociales et foncières).
* : Soit Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de à Appellations d’Origine Contrôlées (CNAOC), les Vignerons Coopérateurs, les Vignerons Indépendants de France et la Confédération des Vins IGP (VinIGP).
** : L'arrachage est notamment critiqué par la Confédération Paysanne et le MODEF.



