ermeture programmée pour le four n°2 de l’usine de bouteilles en verre Verallia à Châteaubernard (Charente). Annonçant également un arrêt de site en Allemagne, « en France, Verallia a présenté aux représentants du personnel un projet d’ajustement des capacités de production sur le site de Châteaubernard, incluant l’arrêt du four n°2, arrivé en fin de vie » indique le groupe verrier à Vitisphere, expliquant que « cette évolution intervient dans un contexte de baisse globale de la consommation d’alcool et de ralentissement marqué de la demande de verre extra-blanc, en particulier sur le marché historique du cognac. » En conservant seulement le four n°3 (électrifié depuis 2024 après un investissement de 30 millions €), le site charentais serait réduit en capacité industrielle et en personnel, avec la perte d’« environ 60 postes » avec « un plan de départ volontaire […] incluant des dispositifs de préretraite ainsi que des opportunités de reclassement interne et externe. »
Fermeture dans la douleur prévue ce 26 juin 2026 pour la coordination des Syndicats CGT de Verallia, qui dénonce dans deux communiqués une « casse industrielle » vécue comme « une trahison » alors qu’« une autre voie est possible ». En l’état, « après la fermeture du four n°1 en 2021, puis celle du four n°2 en 2026, le site est fragilisé structurellement » dénonce le syndicat, regrettant qu’« initialement annoncé pour 2026, le projet de deuxième four 100 % électrique [ait été repoussé de mois en mois à] 2027, puis 2028. À chaque fois, les salariés ont entendu les mêmes engagements, les mêmes promesses de maintien de l’activité et d’investissement à long terme en faveur de la décarbonation. »
Avec la fermeture cet été du four n°2, « désormais, l’essentiel de la production reposera sur le four n°3, principalement dédié au marché du vin bordelais. Or chacun sait que ce marché traverse une crise profonde, marquée par la baisse des volumes et les difficultés structurelles de la filière viticole. Faire reposer l’avenir du site sur un marché lui-même fragilisé est un pari extrêmement risqué ! » Estimant que le site de Châteaubernard conserve un potentiel industriel grâce à sa proximité avec les opérateurs des spiritueux et sa capacité à produire d’autres contenants en verre, la CGT demande « officiellement l’ouverture d’un processus transparent de recherche d’un repreneur industriel capable de porter un projet ambitieux, durable et créateur d’emplois » alors que « 66 salariés » seront concernés par le plan de départ et que « sans vision industrielle, un accord de départs volontaires ne garantit pas l’avenir du site ». Le syndicat estime « que, depuis l’OPA de BWSA [NDLR : réalisée en 2025], les choix opérés par la direction de Verallia répondent avant tout à une logique financière de court terme », mais que « cette orientation ne doit pas condamner l’avenir de la verrerie de Cognac. La CGT lance un appel clair à tout investisseur industriel sérieux souhaitant s’engager dans un projet de relance et de développement ».
Une idée qui ne semble pas effleurer la direction de Verallia, où l’on parle d’attachement et de projets : « le site de Châteaubernard demeure un pilier de la stratégie industrielle du groupe et continuera de bénéficier d’investissements dans des équipements plus innovants et à meilleure performance environnementale. Pour continuer d’adresser le marché du cognac, Verallia s’appuiera notamment sur le four n°1, 100 % électrique, une première mondiale dans l’industrie du verre » et le groupe « poursuivra ses investissements de décarbonation, avec l’installation prévue en 2027 d’une centrale de production de syngaz (gaz de synthèse issu de la biomasse) destinée à alimenter le four n°3. »



