eure de vérité pour l’outil foncier collectif devant gérer l’avenir des parcelles de vignes arrachées en Gironde. Dans un communiqué publié ce vendredi 20 février, la préfecture et la région de Nouvelle-Aquitaine annoncent dans un communiqué la bonne avancée du « dispositif d’intervention foncière pour restructurer le vignoble en Gironde » pour diminuer les surfaces de vignes et les volumes de vins sans marché afin de « permettre aux viticulteurs qui le souhaitent de cesser ou de diminuer leur activité viticole tout en apportant une solution aux propriétaires en abandon de fermage ou sans repreneurs », de « réduire les stocks de vin qui impactent le bilan économique des entreprises, grâce à la distillation », de « contribuer au plan d’action sur les vignes en friche ».
Bref, de compléter la troisième vague d’arrachage du vignoble bordelais qui s’annonce avec un outil restructurant le foncier agricole* et apurant les stocks pesant sur le marché. Alors que « l’objectif est de débuter la phase opérationnelle avec l’acquisition des premières parcelles au cours du premier semestre 2026 », la préfecture et la région notent cependant une « étape préalable, déterminante » : « le financement du dispositif est en cours de finalisation avec les établissements bancaires » et « les banques seront amenées à se positionner dans les tout prochains jours ».
Travaillé depuis octobre 2025 et l’interpellation de la Confédération Paysanne par les parties prenantes**, il apparaît que « le lancement d’une restructuration foncière viticole est indispensable pour redonner des perspectives à la filière viticole et aux exploitants » annonce le préfet de région Nouvelle-Aquitaine, Étienne Guyot, qui « appelle les banques à prendre leurs responsabilités afin de donner une suite favorable à cette initiative permettant de proposer un nouvel outil aux entreprises agricoles ». Président du conseil régional, Alain Rousset annonce son soutien financier à la future foncière : « la région se doit d’y être au côté de l’Etat, de la profession mais aussi, et surtout, des banques qui doivent s’y investir pleinement » pour assurer les projets de « diversification autour des produits de la vigne, diversification sur d’autres productions, restructuration foncière, renaturation, compensation des grands projets ».
Il faut espérer plus globalement « que l'ensemble des acteurs surmontera les divergences marginales pour finaliser un dispositif attractif et apporter enfin aux vigneronnes et vignerons le signal d'espoir qu'ils attendent depuis si longtemps » indique à Vitisphere Dominique Techer, le porte-parole de la Confédération Paysanne, portant le sujet depuis des années, pointant que « l'urgence de la situation nous donne la responsabilité de trouver une réponse à la hauteur des enjeux ». Un diagnostic partagé par la communication institutionnelle de la préfecture et de la région : « face à l’urgence à agir, la mise en place d’un tel outil est inédite dans sa co-construction avec les établissements bancaires en partenariat avec l’ensemble des représentants de la profession agricole ».
Conditionnées à un accord de financement des banques, les prochaines étapes de cette foncière passent par la création de cette foncière au sein de l’Établissement Public Foncier Nouvelle Aquitaine (EPFNA), la création d’un comité de pilotage (qui serait présidé par le préfet et le président du conseil régional), l’ouverture d’un appel à manifestation d’intérêt… Et le calibrage de premiers rachats d’ici l’été, si l’intendance suit. Mais la communication sur le sujet s’annonce difficile, comme la préfecture est tenue de respecter les stricts principes de neutralité inhérents à la période de réserve électorale, s’ouvrant de ce dimanche 22 février au dimanche 22 mars pour le scrutin municipal.
* : La foncière veut « favoriser l’émergence de projets de diversification, individuels ou collectifs, en reconstituant des îlots fonciers bien structurés dans des secteurs adaptés (en tenant compte de la qualité agronomique des sols, de l’accès à l’eau, des contraintes d’urbanisme, des contraintes environnementales, de la proximité de projets de diversification déjà initiés, etc. » liste le communiqué.
** : Soit « l’État, la région Nouvelle-Aquitaine, les banques, les représentants de la profession agricole, la chambre d’agriculture, la chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux Gironde, l’Établissement public foncier Nouvelle-Aquitaine, la SAFER et les collectivités territoriales (département et associations des maires de Gironde) » liste le communiqué.




