résident de la petite cave coopérative du Chai des Vignerons à Lézignan-Corbières depuis 2021 (environ 15 000hl), Julien Sendrous a enfilé en ce début d’année une casquette supplémentaire, avec son élection à la présidence de l’appellation Corbières. Succédant aux deux mandats successifs assurés par Olivier Verdale (qui se présente à la mairie de Saint-Laurent de la Cabrerisse, commune la plus touchée par l’incendie du 6 août dernier dans les Corbières, ndlr), Julien Sendrous, déjà membre du conseil d’administration et président de la commission technique de l’appellation, entend s’inscrire dans la continuité des orientations prises par son prédécesseur.
Outre l’érosion des volumes revendiqués en AOC Corbières, entre répétition d’aléas climatiques, sécheresse et perte de surface du vignoble, le syndicat de l’appellation avait marqué les esprits en faisant le choix de quitter l’interprofession des vins du Languedoc (CIVL) il y a deux ans. « Nous discutons de tout au sein du syndicat mais un retour dans l’interprofession n’est pas spécialement d’actualité », pose le viticulteur de Lézignan-Corbières qui préfère mettre en avant « le travail qui progresse sur les 5 dénominations géographiques complémentaires (DGC), dont 2, Lagrasse et Terrasses de Lézignan, avancent très bien ».
Alors qu’ils atteignaient près de 300 000hl il y a une dizaine d’années, les volumes d’AOC Corbières se stabilisent « autour de 120 à 130 000hl pour le millésime 2025, comme en 2024 », place Julien Sendrous qui ne peut que se réjouir de l’important niveau de précipitations enregistrés en Languedoc depuis l’automne, et qui permet aux vignerons « d’appréhender plus sereinement le millésime à venir en craignant un peu moins les effets de la sécheresse, mais on reste sur un fil avec l’eau, il faut rester vigilant ». Le président souligne également les efforts des producteurs des Corbières, qui produisent 75% des volumes en rouge (20% en rosé, 5% en blanc), pour renouveler le vignoble en faveur des cépages blancs et proposer des profils de vins rouges en phase avec les marchés, plus en légèreté et fruit. « Nous travaillons avec l’Inao pour assouplir autant que possible les règles de production du cahier des charges ou intégrer des cépages comme le Marselan, qui a prouvé ses beaux résultats sur notre terroir », ajuste Julien Sendrous.
Si la feuille de route apparaît très claire, la menace climatique et la question de l’eau font maintenant parties intégrantes des contraintes de production pour des Corbières qui peinent à renouveler les générations de vignerons à la tête des exploitations. « La moitié des volumes part en conditionné, l’autre en vrac à un cours moyen qui a un peu augmenté, en moyenne à 125€/hl pour cette campagne, mais dont l’équilibre se situe plutôt à 150€/hl. La rentabilité est cruciale pour créer de l’envie de s’installer. C’est notre travail principal », Julien Sendrous sait avoir du pain sur la planche mais voit loin pour son appellation.




