haque année elle revient, la petite rumeur sur la présence du président de la République en ouverture du salon Wine Paris. En 2026, les planètes s’alignent et Emmanuel Macron sera présent ce lundi 9 février pour lancer en matinée la huitième édition du salon professionnel qui est devenu le premier rendez-vous commercial mondial des vins et spiritueux avec 6 500 stands et 61 000 visiteurs attendus (respectivement +23 et +22 % par rapport à 2025). Une réussite conquise de haute volée, grâce à la volonté de la filière vin d’unir ses évènements jusque-là concurrents : Vinovision pour les vins septentrionaux, Vinisud pour ceux méridionaux et Vinexpo Bordeaux pour l’Aquitaine. La première édition unitaire de Wine Paris réunissant 2 800 exposants et 29 280 visiteurs en 2020.
Wine Paris était historiquement sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, comme l’était par le passé Vinexpo Bordeaux (dont la dernière édition a eu lieu en 2019). Ce dernier salon avait été inauguré pour la première fois par le prédécesseur d’Emmanuel Macron, François Hollande, en 2016. En 2026, la venue d’Emmanuel Macron s’annonce hautement symbolique, la filière vin affrontant une crise inédite, entre aléas climatiques, déconsommation structurelle et tensions géopolitiques. Sur ce dernier point, nul doute que les exportateurs demanderont au chef de l'Etat de ne pas exposer les vins et spiritueux français dans les conflits géopolitiques actuels, mais de soutenir les accords de libre-échange ouvrant de nouvelles destinations (comme l'Inde récemment). Il s’agit d’une reconnaissance de l’exécutif pour le poids que pèse à l’export la filière vin, alors que sa contribution au commerce extérieur est en chute avec les effets des taxes Trump aux États-Unis et du marasme économique chinois (aggravé sur les cognacs par les effets de l’enquête antidumping).
Plus que des mots, seront attendus par les membres de la filière des gestes pour le réarmement viticole de la France. Alors qu’un plan d’arrachage définitif de 130 millions d’euros vient d’être acté (et de s'ouvrir aux candidatures ce 6 février), la filière attend des réponses concrètes et rapides sur les demandes de fonds européens de 80 millions d’euros pour la distillation de crise (la Commission Européenne restant muette), sur le dossier des traitements au cuivre contre le mildiou retoqués brutalement par l’ANSES (mettant en danger les viticultures bio et conventionnelles), sur le déploiement des mesures d’aide à la restructuration des caves coopératives (suite à l’audit mené en 2025 et devant encore aboutir concrètement ce début 2026), sur la juste rémunération du prix des vins avec la révision de la loi Egalim (pour définir interprofessionnellement des coûts de production et travailler sur les négociations commerciales n’allant pas en dessous des coûts de production) ou la publication d'un décret sur les Organisations de Producteurs (OP, une ligne de compromis se dessinant dans la filière)… Et peut-être un soutien franc à la culture française de la consommation modérée de vin, alors qu'une révision de la loi Evin reste une demande forte de la base vigneronne (comme en témoigne une pétition spontanée).
Les sujets ne manqueront pas, et les interlocuteurs non plus, quatre ministres français gouvernement français étant attendus (dont Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, et Nicolas Forissier, ministre délégué en charge du Commerce extérieur). Et ce 9 février il y aura même l’inauguration des stands italiens de Wine Paris par le ministre italien de l’Agriculture, Francesco Lollobrigida. De quoi espérer une clameur de soutien politique à la filière des vins ?



