ne première bataille remportée ou une nouvelle escarmouche en public dans la guérilla juridique internationale que devient la crise de contrôle du groupe Castel (réunissant les vignobles et négoces de Castel-Vins, les bières et boissons gazeuses de Castel Afrique, l’agroalimentaire de Somdia) entre la famille du fondateur Pierre Castel et son directeur général, l’avocat fiscaliste Gregory Clerc. Ce lundi 2 février a lieu « la première étape du processus de recomposition de la gouvernance » du groupe Castel annonce la famille éponyme dans un communiqué paru. Mise en échec en décembre dernier, la révocation de Gregory Clerc de son mandat d’administration de la société de gestion du fonds propriétaire du groupe Castel, la holding Investment Beverage Business Management basée à Singapour, vient d’être actée en assemblée générale extraordinaire. Les actionnaires ont « voté à la majorité qualifiée la révocation de Gregory Clerc de son mandat d’administrateur et de Pierre Baer de son mandat de président du conseil d’administration » indique le communiqué, pointant que « la famille Castel prend acte de cette décision attendue, qui marque l’ouverture d’une nouvelle étape de gouvernance ».
Publié en suivant, un communiqué d'IBBM rejette ces conclusions : « aucune des résolutions proposées n’a été valablement adoptée » lors de l'assemblée générale extraordinaire et « les administrateurs de la Société continueront d’exercer leurs fonctions avec loyauté et diligence, conformément aux principes et aux idéaux du fondateur du groupe Castel, Pierre Castel ». Car si « la réunion a été convoquée par une partie des actionnaires, et son objectif principal était de révoquer certains administrateurs de la société et d’en nommer d’autres, ainsi que de modifier les statuts de la société » rapporte IBBM, la holding estime qu'« il n’y a donc eu aucun changement au sein du conseil d’administration, ni aucune modification des statuts de la société ». Reprenant ce communiqué sur Linkedin, Gregory Clerc indique « je conserve mon mandat d'administrateur IBBM. Je reste plus que jamais aux manettes et au service du groupe Castel ».
Ayant pris la parole de manière inhabituelle depuis des semaines pour dénoncer la gestion par Gregory Clerc du groupe fondé par Pierre Castel en 1949 à Bordeaux, sa fille, Romy Castel, et son neveu, Alain Castel directeur général de Castel Vins (23 propriétés, 6 négociants et 3 metteurs en marché) maintiennent voir dans le vote d'IBBM un « signal fort envoyé à nos parties prenantes - banques et partenaires » pour ouvrir « une ère placée sous le signe de la transparence ». Perdant l’un de ses 31 mandats, Gregory Clerc est appelé à tirer la conséquence de ce vote de défiance par les actionnaires de la famille Castel, qui pointent que ces conflits de gouvernance du groupe n'ont pas d'impact opérationnel pour leurs filiales, notamment vitivinicoles.
Rejetant les accusations de captation de pouvoir, Gregory Clerc était récemment défendu par un inhabituel communiqué du conseil d’administration de DF Holding, la holding opérationnelle du groupe Castel basée au Luxembourg. Son communiqué critiquait « tous propos ou allégations visant à mettre en cause le fonctionnement du Conseil en tant que collège indépendant ou la vision et les qualités de Gregory Clerc » et voulait corriger une « série de contre-vérités » qualifiées de « choquantes et nuisibles à la réputation de l’entreprise ». Gregory Clerc y était remercié pour son « très haut niveau des qualités managériales, comme en témoignent les retours réguliers et concordants du comité de direction de Castel Afrique ». Castel-Vins y était critiqué pour ses commentaires sur des sujets fiscaux, notamment le redressement à 1 milliard € par Bercy révélé par Challenges fin 2025 et désormais repris en dépêche AFP.




