Herbiers viticoles

470 000 € pour numériser la collection de Vassal

Jeudi 10 août 2017 par Alexandre Abellan

Ce fonds ampélographique traite de 2 500 cépages. Mais aussi de porte-greffes, hybrides producteurs directs et espèces apparentées à Vitis vinifera.Ce fonds ampélographique traite de 2 500 cépages. Mais aussi de porte-greffes, hybrides producteurs directs et espèces apparentées à Vitis vinifera. - crédit photo : INRA (exemple de numérisation pour le Dureza Noir)
Lançant un appel aux dons pour ouvrir sur internet ses archives ampélographiques, le domaine languedocien possède une somme sans égal. Avec 670 000 pages de descriptions de cépages et porte-greffes.

Avis aux généreux mécènes de la filière vin, le domaine de Vassal appelle à votre générosité pour numériser son imposant fonds documentaire, et le rendre accessible gratuitement sur internet. En cours de lancement par la fondation de l’école d’agronomie de Montpellier (SupAgro), cette levée de fonds doit récolter 470 000 euros pour scanner les 670 000 pages qui forment ses archives ampélographiques. D’une ampleur unique dans le monde, ces volumes regroupent des observations allant de la fin du XIXe siècle (et les expéditions aux États-Unis pour résoudre la crise phylloxérique) jusqu’à nos jours (et le développement de cépages résistants).

De premiers mécènes ont répondu à l’invitation du Centre de Ressources Biologiques de la Vigne (CRB) de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). Tel Plaimont Producteurs, union coopérative gersoise bien connue pour sa protection des cépages autochtones. Actuellement, moins de 60 000 euros ont été réunis par promesses de dons. Ce qui permet d’envisager une première tranche de numérisation pour le début 2018, quand le prestataire de services sera retenu (l’appel à projet devrait être publié à la rentrée). Sur cinq ans, quatre tranches de numérisation sont prévues ajoute Cécile Marchal, la chef de ce projet au CRB.

"Ce n’est pas un musée"

Depuis sa fondation en 1876, l’école d’Agriculture de Montpellier a collecté 14 000 herbiers et 6 000 dossiers variétaux. Le tout étant réuni au domaine de Vassal depuis sa création en 1949, et traitant de 8 000 accessions venant du monde entier. Pour devenir accessible au plus grand nombre, un atelier de numérisation doit d’abord être installé au domaine de Vassal, à Marseillan-Plage. Fragile (les spécimens n’étant pas collés aux herbiers), la collection ne peut être déplacée. D’autant plus qu’elle est utilisée. « Ce n’est pas un musée, mais un outil de travail » précise Cécile Marchal, qui souligne son utilisation aussi bien par des ampélographes, que par des vignerons intéressés par les cépages autochtones, des amateurs de botanique ou des chercheurs en archéobiologie…

De 670 000 pages à 18 téraoctets

Concrètement, la numérisation de la collection de Vassal se fera en deux formats couleur : une résolution 150 pixels par pouce (dpi) pour la mise en ligne et une résolution de 400 dpi pour les fichiers de conservation. En tout, les archives numérisées pèseraient 18 téraoctets, « ce qui conséquent à héberger » estime Mathieu Andro, le chargé des numérisations à l’INRA de Versailles. Pour être accessibles à tous, les scans à 150 dpi seront chargés sur la plateforme de bibliothèque numérique Internet Archive (cliquer ici pour visualiser un premier essai de numérisation).

Dans un premier temps, l’ensemble des fichiers seront réunis sur des disques durs externes. La durée de vie des données numériques étant faible, l’enjeu sera de pérenniser l’archivage des données par la suite. Les fichiers de conservation à 400 dpi pourraient ainsi être accueillis sur des plateformes durables. Comme celle du Centre Informatique National de l'Enseignement Supérieur (CINES).


Possédant également la collection ampélographique vivante la plus importante au monde (7 800 accessions sur 27 hectares), le domaine de Vassal doit à terme transférer ses parcelles de Marseillan Plage à Gruissan. Mais la parcelle de destination n’ayant pas encore été défrichée (les études d’impact sur la faune et la flore devant être bouclées), il ne devrait pas y avoir de premières plantations avant 2019.

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