Dégustation Vinexpo

Le premier vin sans alcool de Castel, aromatique et suave

Dimanche 18 juin 2017 par Alexandre Abellan

« On estime en France que 20 millions de consommateurs pourraient être intéressés par notre produit (aussi bien des femmes enceintes que des personnes n’aimant pas le vin) » rapporte Franck Crouzet, ce 18 juin au parc des expositions de Bordeaux.« On estime en France que 20 millions de consommateurs pourraient être intéressés par notre produit (aussi bien des femmes enceintes que des personnes n’aimant pas le vin) » rapporte Franck Crouzet, ce 18 juin au parc des expositions de Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Techniquement une « boisson à base de vin désalcoolisé », Grain d'Envie a l’ambition de proposer un produit respectant autant que revendiquant sa filiation avec les cépages dont il est originaire.

« Les techniques de désalcoolisation par osmose inverse permettent aujourd’hui de maintenir la cohérence des arômes et des structures entre le vin de départ et le produit d’arrivée » affirme Franck Crouzet, le directeur de la communication du groupe Castel Frères, ce 16 juin sur le salon Vinexpo. Preuve à l’appui, il fait déguster la gamme de cépages Grain d’Envie, qui commence à être lancée sur les réseaux français. Dans le verre, le syrah rosé reprend les codes du vin d’origine : teinte pâle, nez de citrons et fruits exotiques, bouche grasse et ronde. Si l’attaque est faible dans sa nervosité, manque d’alcool oblige, sa suavité reste étonnante.

Quant au merlot rouge, il déploie un nez de cassis et de pain d’épices, auquel s’ajoute une finale tannique persistance. Ayant évité l’écueil du dépouillement, ces produits ont nécessité deux ans d’essais de travaux au sein de Société des Vins de France. La filiale de Castel qui a notamment développé la gamme Roche Mazet, mais il n’y a pas de Pays d’Oc dans cette recette. Ne détaillant pas ses approvisionnements, le groupe Castel ne chiffre pas non plus sa production. Tout au plus Franck Crouzet précise-t-il que « le produit a été travaillé pour qu’il soit reproductible. Et qu’il y ait la possibilité d’en assurer le développement et le renouvellement. »

Tendance de marché

Sur ce salon Vinexpo, Castel suit les tendances du marché, entre le lancement de son crémant de Bordeaux (sous la marque Malesan) et la refonte de l’identité de son rosé de Provence (château Cavalier). Se lançant dans le sans-alcool, le groupe familial affirme sa volonté de défricher une gamme encore embryonnaire. « Le marché existe depuis 25 ans*, mais il est maintenant mûr. Nous sommes convaincus qu’il y a un espace à développer en France pour les vins sans alcool » souligne Franck Crouzet. Qui en veut pour preuve le développement des gammes de bières sans alcool, ou le fait que Listel (filiale à parts égales de Castel Vranken Pommery) décline également son pétillant aromatisé en sans alcool (goûts raisin nature, pêche et framboise).

Mettant le paquet pour le lancement en grandes et moyennes surfaces, Castel joue la carte de l’offre de premier achat remboursé au lancement, de la mise en place de signalétique en magasins, des animations de dégustation en linéaire, de la campagne d’affichage à la rentrée… Se focalisant pour l’instant se focalise sur la GD française, le groupe a déjà reçu des demandes de pays étrangers (notamment du Maghreb et du Moyen-Orient). Et pourrait envisager une commercialisation en restauration à l’avenir.

 

* : La gamme est notamment portée par la marque Bonne Nouvelle du groupe coopératif UCCOAR (Vinadeis). Qui compterait pour 60 % des 2,5 millions de bouteilles de sans-alcool actuellement vendues en France.

Liste d’ingrédients

Présentant des traces d’alcool (0,1 à 0,2 degré résiduel), la gamme Grain d’Envie prend la précaution de préciser sur son étiquette être à moins de 0,5 % d’alcool. Si la contre-étiquette n’affiche pas de logo femme enceinte, elle présente surtout une liste d’ingrédients bien inhabituelle dans la filière vitivinicole. Soit « 99 % de boisson à base de vin désalcoolisé », ainsi que des sulfites. Une pastille sur l’étiquette précise également les apports nutritionnels : 10 kilocalories pour le merlot et 12 kcal pour la syrah. « Il ne s’agit évidemment pas de pousser les listes d’ingrédients sur nos autres produits, mais de s’adapter à la réglementation des autres produits alimentaires » précise Franck Crouzet dans un sourire.

 

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