Cépages résistants

INRA et IFV lancent un observatoire viticole national

Jeudi 12 janvier 2017 par Alexandre Abellan

Les instituts de recherche viticoles font équipe pour chaperonner les tests nationaux de cépages résistants et apporter des réponses à l'impatience du vignoble.Les instituts de recherche viticoles font équipe pour chaperonner les tests nationaux de cépages résistants et apporter des réponses à l'impatience du vignoble. - crédit photo : INRA (inoculation d'oïdium sur vigne sous serre)
Pour formaliser autant que canaliser les multiples essais de nouvelles variétés, les instituts de recherche ont créé pour cette année un cadre d'étude orienté sur la durabilité des résistances.

Ce début 2017 va marquer une nouvelle étape dans l'appropriation institutionnelle des cépages résistants aux maladies cryptogamiques. Convoquant la presse ce 16 janvier, Philippe Mauguin, le nouveau P.-D.G. de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), va dévoiler sa stratégie pour le déploiement des nouvelles variétés tolérantes au mildiou et à l'oïdium (comme il le glissait dans une tribune sur Vitisphere). Au-delà des annonces sur les programmes d'obtentions variétales en cours, qu'il s'agisse de ResDur et de ses déclinaisons régionales, il y aura l'officialisation de l'Observatoire National du Déploiement des Cépages Résistants (OsCaR pour les intimes). Parrainé par l'INRA et de l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), cet outil sera mis en place dès la prochaine campagne viticole dans tous les bassins viticoles.

Avec l'ambition de fédérer les acteurs de la recherche et de l'expérimentation des cépages obtenus en France et à l'étranger. « L'esprit est d'associer la fois nos stations expérimentales et des viticulteurs pionniers » glisse Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, le directeur de l'IFV, qui ne souhaite pas s'étendre outre mesure sur le sujet avant lundi prochain. « Il était temps qu'ils s'intéressent à ce qui se fait » lâche Vincent Pugibet, viticulteur languedocien de référence sur les cépages résistants (son domaine de la Colombette en a planté une quarantaine d'hectares). Président de l'association PIWI France, il se refuse à faire partie de la plate-forme OsCaR, mais reconnaît être curieux de la forme qu'il va prendre.

Observatoire national de la durabilité des résistances

Ayant pour objectif de dépasser la masse critique des essais habituels, ce réseau national doit permettre de juger du potentiel d'adaptations des cépages résistants aux conditions pédo-climatiques françaises. Et à sa pression en pathogènes cryptogamiques. Le lancement de l'observatoire appuie ainsi la stratégie de diffusion des nouvelles variétés de l'INRA, qui revient à un déploiement contrôlé d'une résistance génétique durable. C'est-à-dire polygénique.

À noter que dans la procédure de plantation expérimentale de cépages classés temporairement, il existe déjà l'obligation de suivi de la parcelle par un organisme technique qualifié (type Chambre d'Agriculture). L'idée d'OsCaR est de mettre en commun les résultats dispersés. « C'est très ouvert, nous n'avons pas l'ambition d'être les seuls à apporter de l'innovation » conclut du bout des lèvres Pierre Van Ruyskensvelde, qui n'en dira pas plus pour l'instant.

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