endez-vous politique incontournable pour les filières viticoles, le Salon International de l’Agriculture est aussi un moment d’actes forts symboliquement et concrètement : ce mardi 24 février, la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie à appellations d’origine contrôlées (CNAOC – Maison des Vignerons) et la Caisse Centrale de la Mutualité Sociale Agricole (CCMSA) signent une « convention nationale de partenariat visant à renforcer la prévention du mal-être et l’accompagnement des exploitants viticoles en difficulté ».
Tabou, le malaise moral d’un vignoble en perte de repères demande une mobilisation de tous les échelons de la filière explique Raphaël Fattier, le directeur de la CNAOC – Maison des Vignerons, ici en entrelaçant le réseau terrain des Organismes de Défense et de Gestion (ODG) et le maillage de l’administration experte qu’est la MSA : « il faut un maximum de sentinelles pour percevoir les signaux d’alerte et les transmettre. C’est très bien d’avoir une signature à Paris, il faut que cela s’applique localement. »
Cette convention est « très importante pour qu’il y ait de la vigilance de toute part, il est capital que nos organismes professionnels se tournent vers leurs adhérents pour leur parler de santé mentale » souligne Thiébault Huber, président de la commission sociale de la CNAOC – Maison des Vignerons et de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB). Cette dernière ayant lancé depuis 2024 un observatoire sur le bien-être des vignerons bourguignons avec l’association Amarok : « on voit que la santé mentale se dégrade et que la situation s’aggrave, alors qu’en Bourgogne on n’est pas trop à plaindre. Notre dernière enquête en cours a reçu 600 réponses : les deux tiers disent ne pas aller bien, dont 60 % se sentent en burn-out. 80 personnes demandent un soutien psychologique » alerte Thiébault Huber, rapportant que les premiers facteurs de stress sont « le manque de visibilité face aux aléas climatiques et le poids de la surcharge administrative ». Sur ce dernier point, qui mobilise autant qu’il agace le vigneron de Meursault (Côte-d’Or), « maintenant ça suffit, il faut avancer ! » et enlever un stress inutile.
« La prévention du mal-être, et la santé mentale du monde viticole, nécessitent une mobilisation collective des acteurs de terrain et des institutions » indique la convention, voulant agir en pratique pour « renforcer la coordination entre les acteurs de la prévention et les acteurs de terrain viticole : connecter les réseaux pour une meilleure action sur le terrain ; favoriser une orientation rapide des acteurs vers les bons dispositifs d’accompagnement ; limiter l’errance administrative ».



