lors que le prix du matériel agricole a progressé de 45 % ces dernières années, la création d’un crédit d’impôt en faveur de la mécanisation collective suscite un vif intérêt dans les rangs des Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA). Présenté le 18 février dernier lors d’une réunion d’information, le dispositif a été détaillé par Justine Lemonnier, chargée de mission à l’Union des CUMA des Pays de la Loire.
« Ce crédit d’impôt sera d’un montant de 7,5 % de la facture de CUMA payée par l’exploitation, sans minimum, avec un plafond fixé à 3 000 euros. Pour les GAEC, le plafond serait porté à 10 000 euros », précise-t-elle. Dans un contexte de flambée des coûts, le signal est jugé important. « Le prix du matériel a augmenté de 45 %. La mutualisation n’est plus seulement un choix stratégique, elle devient une nécessité économique. »
Contrairement à une réduction ou à une simple déduction fiscale, le crédit d’impôt viendra s’imputer directement sur l’impôt dû par l’exploitation. « C’est un avantage concret, lisible. On n’est pas sur un mécanisme indirect : le montant vient en diminution de l’impôt », souligne Justine Lemonnier. Le dispositif concernerait uniquement les exploitations au régime réel d’imposition, excluant de fait les micro-BA.
Porté par le réseau des CUMA à la suite du plaidoyer national et de la grande concertation de 2023, le projet se trouve encore en phase d’arbitrage institutionnel. « Il y a beaucoup d’éléments pratiques encore en discussion », reconnaît la chargée de mission. Si le calendrier est tenu, l’entrée en vigueur interviendrait pour les dépenses réalisées à partir de 2026.
La fenêtre annoncée couvrirait pour l’instant trois exercices : 2026, 2027 et 2028.
Dans les faits, il n’y aurait pas de délai d’adhésion spécifique : toute exploitation membre d’une CUMA agréée pourrait bénéficier du crédit d’impôt. « Une exploitation présente dans plusieurs CUMA pourrait cumuler les montants, dans la limite du plafond », précise Justine Lemonnier.
Pour les vignerons, confrontés à des investissements lourds en matériel spécialisé et à des exigences techniques croissantes, ce crédit d’impôt pourrait ainsi renforcer l’attractivité de la mécanisation collective. « Même si des points reste encore à bien définir l’objectif est clair : soutenir les agricultrices et agriculteurs qui font le choix du collectif et accompagner la modernisation des exploitations », conclut-elle.



