vec un millésime 2025 (105 000hl) qui renoue enfin avec le potentiel moyen de production de ses 3 appellations, le vignoble savoyard peut souffler un peu après une répétition d'aléas climatiques et sécheresse handicapantes, en particulier pour le cépage Altesse très sensible au stress hydrique. « Il en manque encore un peu puisque la normale se situerait plutôt autour de 110 000 hl pour nos 1935 ha », situe à l'occasion de Wine Paris 2026 Franck Berkulès, en charge de la communication pour le Comité interprofessionnel des vins de Savoie (CIVS). Réparti sur 4 départements le vignoble des 3 AOC de Savoie (Savoie, Roussette de Savoie et Seyssel) se concentre essentiellement dans 3 ilots de production, dont le principal dans la région de Chambéry.
« On a la chance de produire des vins qui sont dans l'air du temps, ce qui n'était pas le cas il y a une vingtaine d'années », pose Franck Berkulès pour confirmer que la demande est au rendez-vous pour le bassin qui produit 75% de vins blancs. D'autant que les prescripteurs de grandes tables étoilées établies dans les stations de ski prestigieuses ont fait beaucoup pour la reconnaissance des vins locaux. « L'arc alpin absorbe 80% de nos volumes, suivi d'une quinzaine de % sur le territoire national, mais la demande à l'export se développe, aux Etats-Unis, Canda ou Belgique, grâce au relais de personnes qui ont découvert les vins en séjournant sur place », apprécie le responsable de la communication du CIVS. La notoriété internationale du massif alpin est également un fort coup de pouce pour les vins de Savoie, qui axent « toute notre communication sur ce totem des Alpes, qui jouit d'une notoriété exceptionnelle auprès de tous les publics », enchaîne Franck Berkulès.
Entre des vins rouges (15 à 20% des volumes) correspondant aux attentes actuelles du marché, et des vins blancs jouissant d'une fraîcheur naturelle en phase avec ce que recherchent les consommateurs, l'offre des vins de Savoie est calibrée pour le succès « avec des planètes bien alignées ». D'autant plus avec l'apport du Crémant de Savoie dans le giron depuis 2015. Seules ombres au tableau idyllique, « nous avons cumulé les difficultés de production ces dernières années entre sécheresse, gels de printemps ou grêle, si bien que nous n'avons quasiment pas de stocks disponibles », souligne celui qui rappelle au passage que la Savoie est une importante région pépiniériste, « la 2ème pour la production de plants de Chardonnay et de Pinot noir pour la Champagne et la Bourgogne, et ces impacts climatiques affectent également fortement cette production de plants ».
Les coûts de production élevés, liés à l'installation systématique en coteaux et l'accès très limité au foncier sont les autres points difficiles de la viticulture savoyarde. « La loi Montagne bloque beaucoup de possibilités de foncier viticole », pose Franck Berkulès, et la concurrence immobilière reste plus rentable que la viticulture. « C'est très marqué dans la zone du lac Léman, mais dans les 3 ilots de production, c'est bien plus rentable d'installer du bâti que de la vigne », valide un vigneron de la zone chambérienne sur son stand de Wine Paris. « Il y a de l'attractivité et de la demande de la part de jeunes pour s'installer, mais c'est très difficile hors cadre familial sans foncier à disposition », souligne Franck Berkulès. Il relève cependant « la grande solidarité au sein de la production » pour maintenir le foncier viticole, en particulier au sein des deux caves coopératives. Le chai partagé de la coopérative du Vigneron Savoyard en est un exemple. « Pour l'heure, nous n'avons eu à regretter aucune perte de surfaces de production, malgré la baisse du nombre d'adhérents des caves », apprécie Franck Berkulès.
Tant par la force de son cadre que par l'activité économique régionale, la production savoyarde travaille maintenant sur le développement de son accueil oenotouristique. « Avec une taille moyenne de 9 ha, nos exploitants ne prévoyaient pas vraiment de travail sur ce point. Or, c'est un levier essentiel avec la qualité du tissu économique qui nous entoure et l'intensité touristique d'hiver et d'été », pointe le communicant du CIVS. Savoie donc plutôt bien.




