menu burger
Lire la vigne en epaper Magazine
Accueil / Viticulture / Retarder l’ébourgeonnage : un autre moyen de lutte contre le gel dans les vignes
Retarder l’ébourgeonnage : un autre moyen de lutte contre le gel dans les vignes
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Aléas climatiques
Retarder l’ébourgeonnage : un autre moyen de lutte contre le gel dans les vignes

Tailler tardivement en mars réduit le risque de gel. Mais en taillant en janvier et en décalant le nettoyage des astes (ébourgeonnage) en mars/avril, on réduit aussi le risque.
Par Christelle Stef Le 19 février 2026
article payant Article réservé aux abonnés Je m'abonne
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Retarder l’ébourgeonnage : un autre moyen de lutte contre le gel dans les vignes
Le 4 février, lors des Rencontres Viticoles d'Aquitaine, David Perrier, conseiller viticole à la chambre d'agriculture de Bordeaux a expliqué comment optimiser la taille et l'ébourgeonnage pour lutter contre les risques de gel dans les vignes - crédit photo : Christelle Stef
T

ailler en mars réduit le risque de gel. Mais pour les vignerons qui ne peuvent pas mettre en place cette pratique pour des questions d’organisation, il existe une alternative : tailler en janvier puis décaler le nettoyage des astes (ébourgeonnage) en mars/avril. Selon les essais réalisés par les domaines du Libournais membres du Groupement d'intérêt économique et Environnemental (GIEE) "Adaptation au changement climatique" cela permet aussi de ralentir la phénologie et donc de lutter contre le gel.

Antigel

C’est ce qu’a expliqué David Perrier, conseiller viticole à la chambre d’agriculture de Gironde le 4 février à Blanquefort lors des rencontres viticoles d’Aquitaine dont le thème était « comment produire mieux, durablement et compétitivement ». Le conseiller a présenté des essais réalisés dans trois domaines en 2023, année où il a gelé début avril. Dans le premier (château Bonalgue), le viticulteur a mesuré l’effet de la taille tardive et comparé l’effet d’une taille complète effectuée en janvier à une taille complète effectuée en mars. Les résultats prouvent l’efficacité de cette taille tardive avec une différence significative sur le pourcentage de bourgeons détruits et le nombre de grappes par pied : 7,2 grappes par cep en moyenne dans la modalité taillée en janvier et 9,36 dans celle taillée en mars.

Dans le deuxième domaine (vignobles Chaignaud), le viticulteur a mesuré l’impact du décalage d’un à trois mois de l’ébourgeonnage (et notamment de l’ébourgeonnage après le gel) et mis en place plusieurs modalités : taille en janvier/février et nettoyage des lattes en avril (M5) ; la taille et nettoyage des lattes en mars (M7) ; la taille en mars et nettoyage des lattes en avril (M8). Il a comparé ces trois modalités à un témoin où il a réalisé toutes les opérations (taille et nettoyage des lattes) en janvier/février. Les résultats : 9 grappes en moyenne dans M5 ; 10,96 dans M7 et 9,68 dans M8 versus 8,16 dans le témoin. « Les trois modalités ont eu un effet », a rapporté David Perrier.

Gain significatif

Pour finir, le troisième domaine (Château du Grand Ormeau) a mesuré l’effet d’un ébourgeonnage en mars avant le gel. Le viticulteur a ainsi comparé une taille en janvier et un nettoyage des lattes en mars (M4) ; une taille et un nettoyage en mars (M6) ; une taille et un nettoyage en mars associé à un pliage après le gel (M7) à un témoin taillé et nettoyé en janvier. Là encore « les interventions tardives ont amené un gain significatif », a rapporté David Perrier. Avec respectivement 9,85 grappes en moyenne en M4 ; 9,31 en M6 ; 10,3 en M7 vs 8,68 dans le témoin.

« On peut avoir un effet bénéfique en pratiquant la taille hivernale et en découplant le nettoyage des astes pour le faire plus tardivement. Mais tout cela se raisonne à la parcelle. Attention, le nettoyage des astes après le débourrement peut avoir un effet sur la vigueur », a précisé le technicien. Le nettoyage des astes après le débourrement est donc à réserver aux parcelles très vigoureuses.

Autres outils

David Perrier a terminé son intervention en citant d’autres méthodes de lutte passives qui permettent de réduire le risque de gel comme l’augmentation de la hauteur du tronc (110 vs 60 cm) qui permet de gagner 0,3 °C au niveau des bourgeons ; le travail des interrangs très en amont du risque de gel pour que le sol ait le temps de se tasser naturellement (gain de 1°C)  ; le drainage et le contournement de la dérive catabatique* en créant des passages dans les haies, en nettoyant les bosquets notamment (gain de 1°C).

 David Perrier a également insisté sur l’importance d’optimiser la mise en réserve à l’automne. « Il y a aujourd’hui des problèmes de mise en réserve. Cela impacte la résistance de la plante au gel et sa capacité à repartir après un gel », a-t-il précisé.

 

* : Selon le site du Vinopôle Bordeaux Aquitaine, la dérive catabatique est un vent gravitationnel produit par le déséquilibre d’une masse d’air refroidie, devenue de ce fait plus dense, qui dévale alors un relief géographique de la même manière que l’eau s’écoule sur la terre.

Vous n'êtes pas encore abonné ?

Accédez à l’intégralité des articles Vitisphere - La Vigne et suivez les actualités réglementaires et commerciales.
Profitez dès maintenant de notre offre : le premier mois pour seulement 1 € !

Je m'abonne pour 1€
Partage Twitter facebook linkedin
Soyez le premier à commenter
Le dépôt de commentaire est réservé aux titulaires d'un compte.
Rejoignez notre communauté en créant votre compte.
Vous avez un compte ? Connectez vous

Pas encore de commentaire à cet article.
vitijob.com, emploi vigne et vin
Bouches-du-Rhône - CDI SCEA DOMAINE DU SEUIL
Gironde - Stage SCEA DU CHATEAU D'ESCOT
Gard - CDI GFA GRAND CHAUMONT
Gironde - Stage Château Fourcas Dupré
Haute-Savoie / Morbihan / Corse-du-Sud ... - Stage CAMPARI FRANCE
La lettre de la Filière
Chaque vendredi, recevez gratuitement l'essentiel de l'actualité de la planète vin.
Inscrivez-vous
Votre email professionnel est utilisé par Vitisphere et les sociétés de son groupe NGPA pour vous adresser ses newsletters et les communications de ses partenaires commerciaux. Vous pouvez vous opposer à cette communication pour nos partenaires en cliquant ici . Consultez notre politique de confidentialité pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits. Notre service client est à votre disposition par mail serviceclients@ngpa.fr.
Viticulture
© Vitisphere 2026 -- Tout droit réservé