e pas rogner en fin de saison peut améliorer la résilience de la vigne face aux symptômes d’esca. C’est ce qu’a expliqué Marie Descotis-Bonnaud, référente pour le vignoble de Bordeaux du Plan National Durabilité du Vignoble (PNDV), ce mercredi 4 février lors des neuvièmes rencontres viticoles d’Aquitaine, qui ont eu lieu au lycée agricole de Blanquefort (Gironde) et dont le thème était « comment produire mieux, durablement et compétitivement ».
Dans le cadre du projet Escapade, les chercheurs ont constaté sur deux cépages sensibles : sauvignon et cabernet-sauvignon que les ceps qui expriment des symptômes d’esca produisent de nombreux petits vaisseaux de bois fonctionnel en fin de saison. A l’extrémité des rameaux, les nouvelles pousses sont donc saines, permettant une reprise de la transpiration et de la photosynthèse.
« Ne pas rogner en fin de saison favorise la résilience de la plante face à l’esca et la mise en réserve. Mais cette pratique peut aller en contradiction avec la prophylaxie pour lutter contre le mildiou », a reconnu la technicienne. Le rognage de fin de saison permet en effet en cas d’attaques tardives du mildiou de stopper la propagation de la maladie en éliminant les jeunes feuilles atteintes.
Rogner ou pas rogner en fin de saison, à chaque exploitation de faire son choix en fonction des problématiques auxquelles elle est confrontée.
Lors de sa présentation Marie Descostis-Bonnaud a fait le point sur les facteurs qui influencent l’esca :
Le climat : les conditions au moment de la croissance de la vigne (deux à quatre mois avant l’apparition des symptômes sont déterminantes d’après les travaux de l’Inrae de Bordeaux. « Les conditions favorisant une forte transpiration de la plante augmente l’incidence de la maladie (nombre de ceps qui expriment des symptômes », a indiqué la technicienne. L’évapotranspiration étant favorisée lorsque la teneur en eau du sol est élevée, ce sont les conditions douces et hulides qui favorisent la maladie. « L’augmentation de la fréquence et de la gravité des périodes de sécheresse et de températures élevées au printemps et en été pourraient donc réduire le risque d’esca », a expliqué la technicienne.
Le cépage : Tous les cépages ne sont pas égaux face à l’esca et il existe une composante génétique dans la sensibilité à la maladie. A Bordeaux, le merlot exprime peu de symptômes, alors que le sauvignon et le cabernet sauvignon sont très sensibles.
L’âge de la parcelle : Ce sont celles qui ont entre 10 et 30 ans qui sont les plus touchées. Mais à Bordeaux, pour le cabernet-sauvignon, ce sont celles âgées entre 15 et 25 ans qui sont les plus atteintes
La vigueur : dans les parcelles où la vigueur est modérée à faible, il y a peu ou pas de symptômes. Mais dans celles où la vigueur est forte les symptômes sont variables. De même une carence en azote entraîne une moindre expression des symptômes mais une surfertilisation n’est pas forcément synonyme de plus de symptômes




