l’heure où blanchit la campagne électorale pour les élections municipales (15-22 mars 2026), les Vignerons Indépendants de France se font lyriques pour interpeller les candidats et incarner le poids territorial de la vigne dans leur "Manifeste pour des communes vivantes et des territoires qui rayonnent" intitulé "Nos villages, nos vignes, notre avenir". Car « là où une vigne s’enracine, une école chante, une boulangerie vit, un café respire. Là où un vigneron disparaît, un village s’éteint peu à peu ! » prévient le texte national, prévenant que « quand un domaine disparaît, ce sont des commerces, des services, une école parfois, qui vacillent. À l’inverse, quand un vigneron s’installe ou qu’une exploitation est transmise, c’est tout un territoire qui respire à nouveau. »
Notant que « dans plus de 25 000 communes françaises, le vignoble est souvent le dernier rempart contre la désertification », cette interpellation des candidats souligne que « c’est à l’échelle des communes que se décident les projets de vie, les projets économiques et les solutions concrètes, structurantes et durables pour l’avenir des territoires ». Se présentant comme « une convocation à l’action », le manifeste pointe que « défendre les entreprises vigneronnes locales, c’est voter tous les jours pour son territoire ». Ce qui doit se traduire dans la gestion quotidienne de la commune grâce à une gouvernance intégrant les besoins vitivinicoles.
« Chaque décision locale — un permis, un zonage, une infrastructure, un projet d’aménagement — peut être un levier ou un frein à la vitalité et à la pérennité des exploitations viticoles » prévient le manifeste, notant que « dans un contexte de pression économique, de défi du renouvellement des générations et de tensions sur le foncier et le logement, la pérennité de ces entreprises dépend aussi des choix municipaux en matière d’urbanisme, d’aménagement, de services et d’accueil des actifs. »
Propositions
Parmi les propositions concrètes des Vignerons Indépendants, on relèvera les demandes d'« intégrer l’œnotourisme comme une activité économique […] nécessitant des règles d’urbanisme adaptées à l’accueil du public au domaine », de « faciliter l’accès au foncier agricole et au logement pour les actifs agricoles, les salariés et les saisonniers », d’acter « des documents d’urbanisme intégrant les activités agricoles et viticoles », d’« accompagner les projets de développement des domaines (caves de vinification, de conditionnement ou de stockage, caveaux d’accueil, extensions et aménagements liés à l’accueil du public…) », de « pousser une signalétique identifiant les domaines viticoles et les artisans locaux, en créant et animant des parcours oenotouristiques communaux ou intercommunaux », d’« apporter un soutien logistique, promotionnel voire financier aux événements et projets à visée oenotouristique », d’« intégrer systématiquement les domaines viticoles et leurs offres oenotouristiques dans les actions des offices de tourisme », d'« intégrer dans les documents locaux d’urbanisme (PLU, PLUi, SCoT) des règles claires de protection du foncier agricole », de « mettre en place régulièrement des espaces de dialogue locaux associant élus et vignerons, et évaluer ensemble la portée des politiques publiques locales »… Et de « prévoir, dans les nouveaux projets d’urbanisation en bordure de parcelles agricoles, des zones tampons végétalisées intégrées dans les emprises foncières portées par les aménageurs », ce transfert de la charge de la zone tampon phyto du viticulteur au bâtisseur étant un cheval de bataille de Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France.
Au final, « sans prise en compte des spécificités de nos TPE artisanales, il n’y a ni avenir agricole, ni avenir économique au cœur des communes viticoles » prévient le manifeste, soulignant l’union de destin : « derrière chaque bouteille dégustée, offerte ou exportée, c’est une commune qui se révèle », et qui, si besoin, se réveille ou se relève.




