lanifiée pour être réalisée à l’horizon 2027-2028, en phase avec le quarantenaire de l’IGP, l’orientation choisie il y a deux ans par le syndicat des vins Pays d’Oc, poursuit sa progression pour passer de simple label de garantie à marque d’origine. Après l’annonce début 2024, le syndicat avait indiqué début 2025 faire appel au cabinet conseil des frères Patacq pour accompagner cette mise sur les rails. Pendant un an, ceux-ci ont procédé à « une centaine d’entretiens auprès de vignerons, coopératives, négociants, distributeurs et consommateurs » en France et à l’étranger, explique Grégoire Patacq, « pour parvenir à extraire les 5 piliers sur lesquels s’appuiera cette marque collective de territoire », qu’ils présentent à l’occasion de l’assemblée générale du syndicat le 29 janvier dernier.
Mettant en avant entre autres « la force vivante du collectif des vignerons locaux face à une concurrence incarnée par des pays entiers », ou encore « la liberté créative, la convivialité ou la force de caractère des vignerons locaux », ces piliers établis par les frères Patacq font la part belle à un positionnement géographique établi comme « le cœur du Sud » par les consultants. Enfin, l’intégration des couleurs bleu-blanc-rouge au logo des ‘Oc’ qui sera apposé sur les bouteilles devra ancrer l’identité française de ce vignoble pourvoyeur « d’un potentiel de 800 millions de bouteilles de pays d’Oc vendues chaque année avec ses 5 à 6 millions hl produits », appuie l’inoxydable président du syndicat Jacques Gravegeal.
Pour appuyer cette orientation de marque, le président des Vignerons Indépendants de France, élu au conseil d’administration du syndicat des vins de Pays d’Oc, Jean-Marie Fabre insiste sur le fait que « dans le contexte d’un marché complexe, saturé, brutal, mondialisé, où le consommateur est sollicité en permanence et l'offre immense une vérité s'impose : ce ne sont pas les vins les plus discrets qui gagnent, ce sont les marques les plus claires, car le consommateur veut être rassuré ». Pourtant, dans la salle une voix représentante du négoce demande « la vérification de la préférence et de l’adhésion du consommateur pour ce type de marque d’origine ».
« Les consommateurs en consomment 5 à 6 millions hl, c’est un bon justificatif d’adhésion à la marque ! », tonne Jacques Gravegeal en guise de réponse. Une autre vigneronne, qui a passé beaucoup de temps dans le vignoble champenois, émet de son côté un doute géographique, comme si l’évidence des locaux n’était pas nécessairement partagée au-delà des frontières régionales : « les consommateurs savent-ils où se trouvent la région des vins de pays d’Oc ? ». C’est sur ce point précis que Grégoire Patacq appuie l’importance de l’identification « au cœur du Sud » dans le message, agrémenté des couleurs du drapeau français pour apporter de la consistance au message géographique de la marque d’origine.
Alors que Jean-Marie Fabre appuie que « nous n'avons pas à rougir de ce que nous sommes, mais nous avons vraiment aujourd'hui besoin de le revendiquer », le président du syndicat Jacques Gravegeal semble jouer avec cette orientation de marque d’origine un combat « qui me ramène 40 ans en arrière, au moment de la création des vins de pays d’Oc avec Robert Skalli, pour apporter de la valeur à nos vins régionaux ». Parce qu’au-delà de la finalisation de cette évolution, c’est tout le socle de valorisation qui est en jeu pour une marque qui garantit « d’approvisionner de grandes marques capables d'affronter la concurrence mondiale avec une qualité contrôlée à 100 %, nous sommes les seuls à faire ça dans le cadre du dispositif de notre certification ». Les accords de durabilité établis récemment s’inscrivent dans ce cadre et seront renforcés dès la prochaine campagne. Pour que la valeur reconnue par l’achat du consommateur se retrouve dans la rémunération du producteur.



