onnue pour être la plus grande cave bio de France (environ 95 000hl annuels, presque intégralement en vrac), la coopérative gardoise Héraclès profitait de l’édition 2026 de Millésime Bio pour faire un point d’étape sur le plan stratégique 2030 dans lequel elle s’est engagée il y a deux ans. Face à la crise du vin bio et l’arrivée importante de nouveaux volumes certifiés sur un marché qui ne pouvait pas les absorber d’un coup, la cave n’avait valorisé que 43 % de ses vins en bio pour le millésime 2022, et avait donc choisi d’actionner de nouveaux leviers. « Il était devenu évident que l'argument 100 % bio, n’était plus suffisamment porteur pour démarquer nos 95 000 hl sur les marchés, notamment export. Nous avons donc finalisé notre labellisation B Corp depuis l’été dernier », explique le directeur de la cave Frédéric Saccoman.
Si B Corp n’est pas une clé magique d’accès aux marchés pour la cave, « c’est un aboutissement de notre démarche, qui de plus valide auprès des acheteurs, en particulier en Europe du nord, les engagements environnementaux que nous avons pris au-delà du seul bio. Pas forcément une valorisation, mais une image supplémentaire, quelque chose de différenciant », enchaîne le directeur d’Héraclès. Outre cette labellisation, la cave a entamé une forte réflexion sur son offre, et a choisi dans son plan stratégique de jouer la carte de l’hyper-adaptation aux besoins de ses acheteurs. « 20 % de ce que nous faisons avec les raisins de 2025, on ne le faisait pas il y a trois ans… Bases bulles, vins orange, rouges légers, on colle aux attentes de nos clients et on est sortis de la logique trois blancs, trois rouges, trois rosés qu'on faisait en 2019 et qui se vendaient alors très bien », appuie Frédéric Saccoman.
La cave explique d’ailleurs retrouver la route des contractualisations de vins bio mieux valorisés. « Sur les cinq premiers mois de l'année, on a 20 % de contractualisation en plus que l'année dernière, et qu’en bio. Après la catastrophe du millésime 2022, on sent une reprise du marché et nous sommes revenus autour de 75 % des vins valorisés en bio, avec l’objectif des 100 % en ligne de mire », poursuit le directeur des vignobles d’Héraclès. La cave maintient également ses partenariats historiques avec les importants opérateurs du bio, mais n’hésite donc pas à chasser sur de nouveaux territoires pour diversifier ses débouchés et être moins dépendante des aléas du marché.
Cette dynamique a notamment permis à la cave de maintenir son potentiel de production, autour de 1200 ha, malgré les campagnes d’arrachage successives, et maintenir une dynamique chez ses adhérents. « La moyenne d'âge est de 44 ans », apprécie le directeur. La cave se situe de surcroît dans une zone où elle a accès à l’irrigation par l’eau du Rhône, point non-négligeable au regard des crises de rendements liées aux sécheresses des dernières années.



