près la stabilité de l’édition précédente, place cette année à une baisse, attendue par l’organisation, du visitorat pour cette mouture 2026 de Millésime Bio. Avec 8 700 visites (- 8 % par rapport aux 9 500 en 2025, quand l’édition record de 2023 atteignait 10 300 visites), l’organisation se satisfait tout de même d’un ratio visiteurs-exposants qui se maintient. « Avec une centaine d’exposants en moins, on s’attendait mécaniquement à cet effet sur le nombre de visiteurs. Le salon reflète directement les difficultés rencontrées par la filière », pose Julie Franclet, président de l’association SudVinBio, organisatrice de ce salon mondial des vins bios.
« Nous n’avons pas d’ambition économique, car nous restons une association avec des bénévoles pour organiser le salon, sans structure commerciale derrière. Nous visons prioritairement la qualité des rendez-vous pour les exposants présents », enchaîne la présidente du salon, Jeanne Fabre. Et force est de reconnaître qu’au détour des allées de cette édition, si le ressenti sur le volume de visiteurs colle avec ce chiffre en baisse, la qualité du visitorat figure toujours parmi les premiers éléments livrés par les vignerons interrogés sur leurs stands. Le ressenti peut parfois apparaître mitigé sur le volume d’échanges, mais rarement sur leur intérêt. « Il y a moins de monde mais pas forcément moins de business, avec une stabilité de 22 % de visiteurs étrangers », résume volontiers Jeanne Fabre.
Côté verre à moitié plein, les producteurs exposant au parc des expositions de Montpellier continuent de louer « l’esprit et l’ambiance Millésime Bio », avec une configuration unitaire entre les stands qui facilite les échanges et la camaraderie. De la même façon, le positionnement de référence et de rendez-vous incontournable des salons dédiés au vin bio paraît incontestable. « Au-delà des éventuels prospects ou nouveaux clients, on entretient le réseau de nos clients et agents qu’on ne voit physiquement qu’à cette occasion », glisse ce producteur bourguignon. Plus loin, ce producteur ligérien qui ne vient sur le salon que pour la 2ème fois indique « avoir coché toutes les cases : des clients venus après avoir dégusté mon vin dans l’œnothèque, des rendez-vous pris en amont, et des confirmations avec des clients prospectés l’an dernier ». Jeanne Fabre confirme les bons résultats de l’outil de prise de rendez-vous en ligne.

Jeanne Fabre et Julien Franclet - OB
La porte d’entrée constituée par ces œnothèques placées à l’entrée des halls semble d’ailleurs faire l’unanimité. « Un caviste italien a pointé mon vin perlant dans l’œnothèque, et ce style proche du Prosecco l’a conduit à venir me voir pour entamer une collaboration », explique ce vigneron du bordelais. Cette édition marquait en outre une rupture avec la fin du ‘tout mélangé’ au profit d’une sectorisation géographique entre grandes régions, un espace regroupant les certifications BioDyVin et un autre pour les Demeter. « Nous avons fait ce premier pas dans l’objectif de faciliter le parcours de visite, une orientation que nous devrions certainement poursuivre après analyse plus fine des résultats », place Jeanne Fabre.
Côté verre à moitié vide, le ressenti d'une fréquentation moindre interroge les exposants sur un arbitrage de la part du visitorat entre les offres de salons rapprochés. « Avec la Levée de la Loire puis Wine Paris qui s’enchaînent en quelques jours après Millésime Bio, on constate des acheteurs qui font des choix entre salons, ou qui viennent en effectif moindre. Tout le monde fait des économies et des arbitrages », pose un vigneron gardois, en accord avec beaucoup de ses homologues interrogés. Une question d’arbitrage économique qui revient également chez certains producteurs.
Millésime Bio conserve donc son statut de point de rencontre privilégié de beaucoup de vignerons avec leurs clients historiques ou prospects, ainsi qu’ « une identité bio bien marquée d’un salon sur lequel on vient depuis de nombreuses années », pose un habitué depuis plus de deux décennies. « On se doit aussi d’être là, c’est difficile de remplacer l’échange de visu avec un client », résume enfin cette vigneronne du Vaucluse qui s’interroge sur un éventuel arbitrage entre salons.




