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"L’arrachage n’est pas que le problème des vignerons, c’est la ruine de la région"
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Mise en garde
"L’arrachage n’est pas que le problème des vignerons, c’est la ruine de la région"

"On peut arracher la moitié des vignes en France et ça ne repartira pas" : visiblement désabusé par le plan de sortie de crise viticole, le syndicat des exploitations familiales propose ses solutions alternatives, à commencer par des prix fixés et garantis par l’État.
Par Alexandre Abellan Le 29 janvier 2026
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La crise viticole s’agravant, « on arrive à l’os. Notre crainte est que l’on ait atteint un point de non-retour dans la liquidation » avance Didier Gadea. - crédit photo : MODEF
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-t-on déjà entendu un vigneron ne pas se plaindre du temps qu’il fait ou de ses marchés ? « Un cousin aimait me dire que vous vignerons êtes greffés sur des sols pleureurs. Puis son fils est devenu vigneron et il a compris… » se souvient, pince-sans-rire, le viticulteur Didier Gadea, secrétaire général adjoint du Mouvement de défense des exploitants familiaux (MODEF). Installé à Montagnac (Hérault), le syndicaliste n’a plus vraiment la tête à rire, la crise viticole s’accentuent et les réponses gouvernementales apportées ne sont pas à la hauteur pour le MODEF. À commencer par la prime à l’arrachage définitif de 4 000 €/ha (sous conditions d’adoption du budget de l’État et d’évolution de la réglementation européenne).

Dénonçant « un plan social dans le vignoble » donnant la priorité aux exploitants quittant le métier en arrachant toutes leurs surfaces en production, un communiqué du MODEF ce 20 janvier « s’oppose à la politique d’arrachage des vignes qui a déjà démontré son inefficacité ! Nous voulons protéger l’outil de production ! Nous croyons en l’avenir de la viticulture ! » Concrètement, « le coût de l’arrachage étant de 4 000 €/ha, vous avez travaillé toute votre vie pour rien. Tout ce qui a été capitalisé pour partir avec quelque chose en vendant les vignes est perdu. On va partir sans rien, c’est ça la vérité » regrette Didier Gadea, qui se prépare lui-même à arracher 3 des 8 hectares de vignes qu’il lui reste : « je perds de l’argent, si on ne coupe pas la branche c’est tout arbre qui pourrit ».

Pas contre l’arrachage, mais contre la politique d’arrachage

« Partir en fin de carrière avec zéro euro en poche après avoir travaillé 40 ans voilà la proposition du gouvernement Lecornu et de la FNSEA » reproche un communiqué de presse de la section Hérault du MODEF ce 23 janvier. Didier Gadea précise que l’« on n’est pas contre l’arrachage, mais contre la politique d’arrachage. Dire qu’en baissant le potentiel viticole ça repartira. Alors que ça ne repartira pas. On peut arracher la moitié des vignes en France et ça ne repartira pas. On n’a fait que ça depuis 40 ans, ça n’a pas réglé un seul problème. La seule solution c’est que le prix du vin monte. Ce sont les prix des autres productions qui me permettent de m’en sortir » indique le producteur d’oignon doux.

« Avec des coûts de production à hauteur de 120 €/hl pour les IGP Languedoc et un prix du marché qui plafonne à 80 €/hl, c’est la mort assurée de la viticulture languedocienne » souligne le communiqué du MODEF Hérault, réclamant « un prix du vin à hauteur de 200 €/hl » alors que « la politique de l’offre et surtout de la concentration de l’offre a totalement échouée ». Au-delà d’un prix fixé et garanti par l’État, le syndicat demande notamment pour sortir de la crise « la désignation d’un préfet coordinateur de la viticulture », d’« orienter les plantations sur les cépages résistants aux maladies et à la sécheresse », de « mettre en place une véritable assurance climatique publique », d’« encadrer les marges pour réduire la spéculation et répartir la valeur ajoutée »… Un programme alternatif envoyé par lettre à des députés du Nouveau Front Populaire en décembre 2025, comme le syndicat agricole avait soutenu leurs candidatures lors des élections législatives de 2024 pour leur proposition de prix planchers agricoles.

Là, on arrive à l’os

Sans réponse, Didier Gadea s’agace et alerte : « on veut que les politiques comprennent qu’il n’y a pas que la crise viticole. Au-delà, c’est un plan social qui se prépare. Attention à ne pas tomber dans ce panneau, il y a 35 000 emplois derrière qui vont être perdus. L’arrachage n’est pas que le problème des vignerons, c’est la ruine de la région. On voit des restructurations, des structures qui sont en difficulté, des suppressions d’emploi, des départs non-renouvelés... Là, on arrive à l’os. Notre crainte est que l’on ait atteint un point de non-retour dans la liquidation. »

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