oté en 2024 de 420 000 € pour financer une trentaine d’audits de caves coopératives en 2025 le plan de la région Nouvelle-Aquitaine pour réorganiser la filière pesant pour 30 % de sa production de vin doit encore se traduire dans un plan d’action en 2026. « L’urgence est telle qu’il faut trouver des solutions dès cette campagne pour les avances aux cultures. C’est le début du travail du plan d’action, mais ça va aller vite : dans 4 à 6 semaines il faut que ça soit précis » rapporte Élisabeth Galineau, la directrice de la section vins de la Coopération agricole de Nouvelle-Aquitaine, pointant que l’ensemble des caves coopératives, les 21 auditées et les autres, « ne sont pas seules dans leurs difficulté et s’embarquent dans un mouvement collectif pour retrouver de la performance dans leurs outils et leurs organisations adaptées. Ça bouge. Ce ne sont pas des audits pour afficher des chiffres, mais sortir des actions précises. »
Présentée ce 7 janvier à Bordeaux, la compilation des audits réalisés n’est pas communiquée, synthétisant des données trop hétérogènes d’après la Coopération agricole, mais elle a déjà servi à une prise de conscience collective : « le statu quo n’est plus tenable » indique la région Nouvelle-Aquitaine dans une note consultée par Vitisphere, qui relève « que la baisse des volumes entraîne un effet ciseau avec une hausse des coûts unitaires, une dégradation des ratios financiers et une augmentation de l’endettement. La densité du tissu coopératif, historiquement une force, devient un facteur de fragilité lorsqu’elle s’accompagne de fragmentation, de chevauchements d’outils et de sous-activité industrielle. »
Actant l’irréversibilité de la déconsommation de vin, majoritairement structurelle et non conjoncturelle, « la Région partage pleinement le constat que l’on ne retrouvera pas les niveaux de consommation et les marchés des décennies passées. Il serait illusoire de bâtir une stratégie sur l’attente d’un retournement de cycle. Le vignoble, comme les outils économiques que constituent les caves coopératives, doivent être profondément restructurés. » D’autant plus qu’une nouvelle campagne d’arrachage définitif des vignes doit avoir lieu en 2026, accentuant le surdimensionnement des caves. Proposant « une mutualisation accrue des moyens, pouvant aller jusqu’à des fusions de structures », le premier bilan des audits « suppose toutefois un accompagnement public significatif aujourd’hui de la compétence de l’Etat : restructuration des dettes et renforcement des fonds propres, adaptation des outils industriels et des organisations internes, etc » indique la région. Qui ne peut qu’avoir en tête le récent rapport du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) lié aux 10 millions d’euros d’aide à la restructuration des caves coopératives de France.
Fini l’attentisme pour les caves coopératives attendant de voir si leurs voisins tiennent mieux et plus longtemps avant une reprise qui n’arrive toujours pas. Avec les indicateurs financiers mis à disposition, les dirigeants doivent désormais passer à l’action, notamment sur les redimensionnements de l’activité. « On nous incite à se regrouper pour éviter de se cannibaliser en termes de surfaces et de ventes. Il n’y avait pas besoin d’audit pour ça, l’endettement est déjà un gros frein poussant à démanteler et fermer des sites » glisse un président de coopérative. Qui ne se dit plus qu’il doit faire le dos rond, mais emporter ses administrateurs avec lui pour se prendre en main.



