Millésime 2016

Château Latour se convertit intégralement au bio

Jeudi 06 avril 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 12/04/2017 19:00:55

En cours d’élevage, et de dégustation malgré la sortie du système des primeurs, le millésime 2016 du château Latour est intégralement sous conversion bio.En cours d’élevage, et de dégustation malgré la sortie du système des primeurs, le millésime 2016 du château Latour est intégralement sous conversion bio. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Premier des premiers grands crus classés en 1855 du Médoc à enclencher la certification intégrale de son vignoble, la propriété de François Pinault se penche aussi sur des essais en biodynamie à grande échelle.

« En 2018, le château Latour sera intégralement certifié bio » annonce, comme une évidence, Hélène Genin, la directrice technique du premier grand cru classé en 1855 de Pauillac. Lancé pour le millésime 2016, ce processus de conversion se déploie sur rien de moins que les 90 hectares de la propriété. Avant d’arriver à ce pallier, Latour a procédé étape par étape, les premiers essais ayant été lancés en 2008. « On a commencé par les parcelles les plus vigoureuses, en se disant que si on y arrivait sur ces terroirs, le plus difficile serait fait » se rappelle la technicienne. Remontant le plateau, les parcelles en bio se sont progressivement étendues. Arrivant en 2015 sur les 42 ha de l’Enclos, puis à l’intégralité du domaine l'an dernier.

La foi des convertis

Venant grossir le rang des crus classés bio du Médoc, cette certification annoncée devrait accélérer le mouvement de conversion initié ces dernières années. S’inscrivant dans une dynamique forte, cette conversion emblématique répond à une demande expresse du milliardaire François Pinault, dont on reconnaît la stratégie disruptive. « Notre propriétaire nous suit pour le passage en bio comme pour la sortie des primeurs*. Il estime que l’on se doit de le faire, que cela va de soi » rapporte Hélène Genin.

Il faut préciser que cette décision s’appuie sur des résultats techniques solides. Ayant demandé des investissements en main-d’œuvre et matériels de traitement, le passage en bio n’aurait entraîné aucune perte de rendement massive (le travail du sol étant historique à Latour). La baisse de productivité des derniers millésimes serait plutôt liée à un vignoble vieillissant (un plan d’arrachage et de renouvellement est d’ailleurs en lancement).

Pas de label sur l’étiquette

Si la conversion à la bio marque un tournant stratégique pour Latour, il n’est pas prévu de mentionner la certification sur ses étiquettes. Malgré l’injonction réglementaire d’apposer le logo européen sur tout emballage de produit bio. « Cela a été débattu en conseil de gérance, mais la communication sera limitée au site internet » évacue Hélène Genin.

 

* : Annoncée en 2013, la sortie du château Latour du système des primeurs n’empêche pas la propriété de présenter à la dégustation son dernier millésime. Son premier vin 2012 est actuellement mis sur le marché, avec de nouvelles sorties des millésimes 2011 et 2005.

Suite (bio)logique

Au-delà de la gestion des trois années de conversion bio, les équipes techniques de Latour se focalisent sur la prochaine étape : le déploiement de la biodynamie. Actuellement, les 42 hectares de l’Enclos s’y essaient. Les tests devraient s’élargir progressivement, aucune certification n’étant pour l’instant envisagée. Suivi par le consultant Vincent Masson, Latour expérimente notamment les préparations 501 et les infusions de prêle. « Mais on reste sur une approche agronomique. Les critères techniques ont toujours la prédominance sur le calendrier lunaire ! » conclut Hélène Genin.

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