COP 21

Lutter contre le réchauffement climatique en expédiant ses vins au fil de l’eau

Dimanche 13 décembre 2015 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 14/12/2015 11:58:17

Les deux péniches qui se sont relayées, à Avignon, pour réaliser ce voyage : la Tourmente et l’Alizarine. Les deux péniches qui se sont relayées, à Avignon, pour réaliser ce voyage : la Tourmente et l’Alizarine. - crédit photo : Domaine Emile Grelier
Qui va longtemps, va durablement. Telle pourrait être la devise de l’Association Vivre le Canal, qui a profité de la réunion mondiale sur le climat pour faire la démonstration que des vins de Bordeaux peuvent être dégustés à Paris après avoir doucement remonté la Garonne, le canal du Midi, le Rhône, la Seine…

Parties ce 25 septembre du port de la Lune (Bordeaux), les bouteilles de vins sont arrivées à Paris ce 8 décembre, après 1 500 kilomètres et 15 étapes de sensibilisation du public aux résolutions écologiques des pollutions logistiques. Des enjeux qui sont au coeur de la réunion des parties à Paris, ce qui a valu au projet d’être officiellement labellisé « Solutions COP 21 ». Estimant que le transport fluvial est une alternative durable aux camions pour réduire les pollutions, l’Association Vivre le Canal a fait de ce voyage au long cours un évènement de démonstration autant que de sensibilisation.

"Le frein n’est pas financier, il est temporel"

Deux propriétés viticoles ont répondu à ce projet, le mas d’Intras (IGP Ardèche) et le domaine Emile Grelier (AOC Bordeaux Supérieur). Ce dernier a envoyé 300 caisses (soit 1 800 bouteilles). « C’est un meilleur moyen de transport pour les vins. Il n’y pas de vibrations, mais un ballottement. Et il y a une maîtrise des températures, les cales étant immergées » explique Delphine Vinet (domaine Emile Grelier). Pour elle, « Le vin peut tout à fait s’adapter à ce mode de transport. Comparés à un transport routier climatisé, les coûts sont équivalents. Le frein n’est pas financier, il est temporel. Du Sud au Nord, le temps de parcours est de trois semaines. »

Ce mode de transport alternatif reste également limité par les enjeux de jonction entre le port d’arrivée et le client final, ainsi que par le déploiement du réseau de canaux (preuve en est le parcours en forme de Tour de France de cette expédition Bordeaux-Paris, voir carte ci-dessous). Mais la « démarche permet de se replacer dans l’écosystème, non plus à l’échelle de la parcelle en monoculture, mais du territoire » explique Delphine Vinet, dont le vignoble est justement pilote dans l’agroforesterie (projet Vitiforest). En attendant de développer l’envoi de bouteilles au fil de l’eau, elle concède qu'il faut encore l'affiner.


Carte du voyage Bordeaux-Paris réalisé par les deux péniches ;  Association Vivre le Canal.

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