La minéralité, un concept à la mode

Jeudi 19 janvier 2012 par M. B.

La minéralité du vin ? Experts, dégustateurs et consommateurs ne parviennent pas à la définir. Pourtant, c'est un concept à la mode, qui traduit bien la tendance du marché, a exposé Cees Van Casteren, journaliste international du vin, lors du « Lallemand Tour ». Cette série de conférences organisée par la firme de produits oenologiques Lallemand, à Davayé (Saône-et-Loire), ce mercredi 18 janvier, avait pour thème « les minéraux et le vin ».

27 500. C'est le nombre d'occurrences à la minéralité que Cees Van Casteren, journaliste international du vin, a trouvé en épluchant 258 000 notes de dégustation du « Wine Spectator », célèbre revue américaine spécialisée dans le vin. Ce qui fait plus de 10 % de commentaires évoquant cette notion. « Elle arrive en haut de la liste des descripteurs employés, avant même boisé, floral ou fruité. Elle est mentionnée cinq fois plus que la concentration en bouche », précise le journaliste, qui a fait un constat similaire dans la revue anglaise « Decanter ». Pour lui, ce mot est à la mode, il est utilisé pour montrer qu'on a un bon niveau d'expertise du vin et un bon palais. C'est un terme positif.

Pourquoi tant d'engouement pour la minéralité ? « L'intérêt des consommateurs pour des vins très boisés, très gras ou très puissants s'est affaibli depuis quelques années. Désormais, ils semblent en recherche de vins plus digestes, moins alcooleux, moins boisés et avec plus d'élégance. La minéralité englobe bien ces caractéristiques, elle capte bien la tendance du marché », estime Cees Van Casteren.

Toutefois, peu de dégustateurs ou amateurs de vin sont capables d'exprimer ce qu'est la minéralité ou ce qu'est un vin minéral. Le journaliste l'a observé lors du salon Wine Professional Amsterdam, dont il a interrogé les participants. Tous ont répondu connaître le terme de minéralité et même l'utiliser dans leurs dégustations. 92 % d'entre eux affirment que les minéraux du vin proviennent du sol, 2 % supposent seulement une éventuelle relation avec le sol et 6 % ne savent pas d'où ils proviennent. Plusieurs pensent que la minéralité fait référence au « goût de terroir » parfois évoqué par les Français. Au final, aucun n'a pu faire une description précise?

« En fait, la minéralité est difficile à définir, mais quand je la sens ou je la goûte dans un vin, je sais la reconnaître », tente d'expliquer Cees Van Casteren.

Quand il s'agit de citer un exemple de vin minéral, les breuvages français sont en tout cas les plus nombreux. 85 % sont des blancs. Parmi les noms cités : blancs de Loire, de Bourgogne, d'Alsace et, plus étonnamment, vins de Saint-Emilion... Les cépages les plus représentatifs sont le sauvignon blanc, le chardonnay, le chenin et le riesling.

« La France aurait donc peut-être intérêt à mettre en avant le concept de minéralité pour commercialiser ses vins », suggère Cees Van Casteren.

Vous retrouverez plus de détails sur les conférences du Lallemand Tour dans le numéro de février de « La Vigne » (n° 239).

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