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Mieux vaut arracher que s’attacher aux vieilles vignes coûtant plus qu’elles ne rapportent. Parole de grand cru : "le levier d’action, c’est un rendement confortable pour avoir un résultat économique"
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Mieux vaut arracher que s’attacher aux vieilles vignes coûtant plus qu’elles ne rapportent. Parole de grand cru : "le levier d’action, c’est un rendement confortable pour avoir un résultat économique"

Offert par quatre grands crus, le mécénat de compétences Vigneron AVenir est encore ouvert aux candidatures des domaines bordelais voulant sortir la tête du guidon pour prendre du recul sur leur stratégie afin de repartir vite et mieux, même avec des moyens réduits. Par exemple en restructurant des parcelles anciennes et qualitatives, mais trop peu productives pour être rentables. Commencer à remplir le dossier candidature permet déjà de commencer à s’ausculter plaide un vigneron.
Par Alexandre Abellan Le 04 mars 2026
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Mieux vaut arracher que s’attacher aux vieilles vignes coûtant plus qu’elles ne rapportent. Parole de grand cru :
'Vigneron AVenir c’est un catalyseur' souligne Guillaume Pouvaret, à droite, dans ses vignes avec le consultant Stéphane Derenoncourt, Nicolas Corporandy et Pierre Olivier Clouet. - crédit photo : Vigneron AVenir
A

vis aux domaines bordelais voulant bénéficier de l’appui de quatre grands crus, les châteaux Cheval Blanc (Saint-Émilion), Lafite Rothschild (premier grand cru classé en 1855 de Pauillac), Petrus (Pomerol) et Yquem (premier grand cru classé supérieur en 1855 de Sauternes). Lancée cet hiver, leur initiative collective Vigneron AVenir est ouverte aux candidatures en ligne jusqu’au dimanche 15 mars afin de rentrer dans leur programme de mécénat de compétences. Si le formulaire de candidature peut sembler long et fastidieux, c’est une première étape qui a déjà son intérêt souligne Guillaume Pouvaret, à la tête du château Grand Maison (5 hectares de vignes en AOP Côtes de Bourg en bio). Ayant fait partie de la promotion pilote de Vigneron AVenir en 2025 (avec un suivi par les équipes de Cheval Blanc), le vigneron souligne que « rien que le fait de remplir le dossier, c’est déjà prendre du recul sur sa propriété ».

On fait une pause 

Ce mécénat de compétences innovant se donne l'objectif de permettre à des domaines viticoles pris dans les tracas du quotidien de prendre de la hauteur afin de se fixer un cap et d’avancer avec le soutien d’un grand cru. « L’idée est de se dire qu’à un moment, on fait une pause » résume Guillaume Pouvaret, évoquant la spirale d’une journée vigneronne : suivre la vigne, être au chai, préparer une commande, assurer l’administratif… « Avoir des moments fixés pour travailler avec des personnes extérieures, ça nous donne des bornes » pointe l’œnologue, soulignant que même si les équipes d’un grand cru ont d’autres moyens, elles ont conscience des défis économiques des domaines plus modestes.

Alors que la crise est historique à Bordeaux, « nos propriétés font partie des super privilégiés » reconnait Nicolas Corporandy, chef de culture du château Cheval Blanc (40 hectares de vignes rouges et 9 ha en blanc), qui veut « éviter d’être un donneur de leçons et avoir conscience des impératifs qu’ont ces propriétés, aux formats plus réduits ». Voyant le tissu viticole avoisinant se réduire avec l’arrachage, Nicolas Corporandy veut participer au maintien d’une filière diverse : « la démarche Vigneron d’AVenir est un investissement humain sur les propriétés que l’on soutient. Quand on est sur de petits effectifs, que l’on a toujours la tête dans le guidon et que le volet financier prend le pas, ça peut aller très vite quand la végétation devient un peu folle et que les échéances se bousculent. Dès que l’on prend du retard en bio, ça peut être pénalisant. Pouvoir échanger avec un œil extérieur donne la possibilité de prendre du recul, de revoir les priorités, d’intervenir au bon moment, de ne pas être centré que sur ce qui est indispensable, la production » alors que les équipes des grands crus sont composées de techniciens, de comptables, de commerciaux...

Revoir ses priorités

« Être accompagné par des experts de terrain est précieux » confirme Guillaume Pouvaret, qui souligne que la prise de recul de Vigneron AVenir tient de la respiration. Et de l’action complémentaire avec son redressement judiciaire, ouvert en 2024, un « acte de gestion » qui suit un angle similaire d’action : « suivre une trajectoire de retour à la rentabilité demande de poser le bon diagnostic ». Quitte à revoir son approche viticole en général et des vieilles vignes en particulier. Ayant un « projet basé sur le fait de dénicher des pépites » sur son terroir, Guillaume Pouvaret reconnait que « des fois, il faut tout remettre à plat et sortir de l’émotionnel pour être pragmatique ». En témoigne la gestion des très vieilles vignes, quand « l’attachement que l’on peut avoir, purement sentimental » du vigneron dans ces ceps ancestraux se confronte à l’« observation extérieure qui appelle l’attention sur les chiffres qui en sortent et le retour à la rentabilité » qui n’est pas permis par de trop petits rendements et des coûts d’entretien trop importants. Un constat qui impose au vigneron de revoir ses replantations et renouvellements.

« Quand il y a des vignes en fin de vie, il faut réussir à se dire que ce n’est plus la peine et arracher. Le levier d’action, c’est un rendement confortable pour avoir un résultat économique » résume Nicolas Corporandy, qui a suivi les audits viticoles pour « distinguer les parcelles ayant un vrai potentiel d’amélioration, celles qui sont en souffrance mais rattrapables et celles qui, malgré tous les efforts, sont perdues d’avance, ce n’est plus la peine et il faut initier une campagne d’arrachage et de restructuration. » Sans oublier d’entretenir les sols et leur fertilisation. « Faire de grands vins sur des sols pauvres, ça marchait pour un climat bordelais traditionnel. Avec les excès de températures, il faut donner la capacité du sol de contrer les évolutions du climat, les années sèches et humides, pour créer de la vie du sol et de la diversité » ajoute Nicolas Corporandy.

Légitimité

Appui technique, le mentorat de Vigneron Avenir propose aussi un soutien commercial par la mise en place d’une stratégie de communication, d’un site internet à des supports vidéos. « Comme je suis toujours en train de courir, cela m’aurait pris 1 an et demi de finaliser ce qui a été planifié en 3 mois » se réjouit Guillaume Pouvaret, qui souligne que le soutien de Cheval Blanc et ses équipes dans sa démarche est un atout pour trouver de nouveaux clients : « c’est une forme de rassurance, le message est très fort avec l’aura de la propriété qui soutient ».

Donner de la lumière

Les vins étant dégustés pour valider la candidature d’une propriété à mentorer. Nicolas Corporandy se souvenant pour les vins du château Grand Maison d’un « vrai style, avec peu d’interventions œnologiques ». Le directeur technique ayant désormais « hâte d’avoir tous les dossiers à étudier et de goûter les vins. On voit l’émergence d’une génération dynamique sans être excentrique, qui ne demande pas grand-chose pour prendre du poids. Ils sont inspirants par leurs démarches et on n’a qu’une envie, leur donner de la lumière. »

« Voir que des gens sont touchés par vins et croient dans votre projet, c’est bon à prendre » souligne Guillaume Pouvaret, pour qui « Vigneron AVenir c’est un catalyseur » qui doit être une impulsion à l’action. L’initiative ne demandant qu’à essaimer : « aujourd’hui, nous sommes quatre propriétés à Bordeaux. Il est largement possible que d’autres domaines structurés comme nous consacrent du temps dans leurs équipes pour soutenir d’autres propriétés » conclut Nicolas Corporandy.

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