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Passer au vin sans alcool après l'avoir critiqué : "il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis"
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"Je ne donnerai pas de noms"
Passer au vin sans alcool après l'avoir critiqué : "il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis"

"Le vin sans alcool part d’un vrai vin" défendent les promoteurs de la désalcoolisation, habitués à batailler, mais aussi à convaincre alors que la production se développe même chez les opposants qui annonçaient ne jamais en produire. Les contre-arguments sont désormais bien huillés, y compris aux tenants de la tradition leur interdisant le vocable de vin : "le vin sans alcool est assimilable au yaourt allégé, pas au yaourt de soja. A-t-on vu quelqu’un dire qu’un yaourt en dessous de 3 % de matière grasse n’est pas un yaourt ?"
Par Alexandre Abellan Le 04 mars 2026
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Passer au vin sans alcool après l'avoir critiqué :
« Ce n’est pas le vin sans alcool qui va sauver seul la viticulture, mais c’est une pièce du puzzle » assure Frédéric Chouquet-Stringer. - crédit photo : Degré Zéro/Alex Gallosi
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ar le passé, le sujet coupant en deux le monde du vin était le débat sur le vin nature. Mais désormais, c’est la question du vin sans alcool qui a le pouvoir de diviser les professionnels en groupes irréconciliables : les pour et les contre. Mais sur internet, les expressions de rejet des vins sans alcool peuvent déraper. De l’intolérance à la violence, il semble qu’il n’y ait qu’un pas sur les réseaux sociaux… « Il y a des réactions que je trouve disproportionnées. J’ai reçu un message sur Linkedin me menaçant si je rencontrais son auteur accompagné de vignerons… » témoigne Frédéric Chouquet-Stringer, le fondateur du développeur et distributeur de vins désalcoolisés Zenothèque, qui a voulu déposer une plainte, ce que la police a refusé.

Les mentalités changent

Pourtant, « les vins sans alcool ne sont pas en compétition avec le vin. Ils permettent de chercher de nouvelles parts de marché » explique Frédéric Chouquet-Stringer, rencontré à l’occasion du salon off Degré Zéro, précédant Wine Paris ce dimanche 8 février à la maison de la Mutualité (1 100 visiteurs pour 112 exposants, respectivement +7 et +60 % en un an, sans atteindre l’objectif fixé de 1 500 visiteurs). Si le débat reste vif, avec l’évolution des techniques de désalcoolisation et l’amélioration des profils produits obtenus, « les mentalités changent. Quand je regarde les autres stands, je vois des gens qui, il y a trois ans, critiquaient les vins sans alcool, leur crachaient dessus et me disaient qu’ils n’en feraient jamais. Je ne donnerai pas de noms. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » sourit Frédéric Chouquet-Stringer.

« Les détracteurs du vin sans alcool ne veulent pas y aller, on ne les force pas, il n’est pas question de conversion » dépassionne Stéphane Brière, le président du collectif No/Low. Affirmant également son désaccord avec le fait « de dire que le vin sans alcool fait du mal aux vins », le développeur de vins désalcoolisés souligne qu’« il y a eu plein d’innovations dans le vin qui ont demandé des adaptations. À Bordeaux on ne faisait pas spécialement de rosés ou de crémants avant... Il faut être sincère, ceux qui font des vins sans alcool le font avec leurs terres et leurs savoir-faire, ils ne le font pas pour jeter leurs productions et leurs efforts. Le but est que le vigneron gagne sa vie. »

Complétement faux de comparer le vin sans alcool à des viandes artificielles

Et pas qu’il débatte éternellement de la définition de ce qui peut se revendiquer vin et de ce qui n’en est pas alors que la réglementation européenne est claire. Et « il est complétement faux de comparer le vin sans alcool à des viandes artificielles, le vins sans alcool part d’un vrai vin. Le vin sans alcool est assimilable au yaourt allégé, pas au yaourt de soja. A-t-on vu quelqu’un dire qu’un yaourt en dessous de 3 % de matière grasse n’est pas un yaourt ? » évacue Stéphane Brière. Pour qui il est capital de promouvoir l’application qu’implique la production d’un bon vin sans alcool : « ça ne se fait pas tout seul, il faut des efforts techniques pour s’améliorer et réussir » indique l’expert, pointant qu’« il faut des efforts marketing pour s’adresser à d’autres consommateurs. C’est un petit canal qui a tendance à tirer, par rapport au canal traditionnel où l’on a un peu touché les murs. »

« Avec désormais un consommateur sur deux identifié comme flexidrinker, le secteur bascule d'une offre de substitution vers un marché d'adhésion » assure dans un communiqué Olivier Darras, le fondateur du salon Degré Zéro et désormais directeur du pôle boissons de Sirha Food.

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