’est la bonne nouvelle de l’année 2025 pour la filière Champagne. L’objectif de baisser de 25 % les émissions carbone entre 2003 et 2025 a été atteint ! En 2025, le bilan carbone de la Champagne s’est chiffré à 580 583 tonnes d'équivalent CO2. « Le bilan carbone s’appuie sur des données récoltées par enquête, précise Pierre Naviaux, responsable du service Développement Durable au Comité Champagne. Nous travaillons sur des moyennes quinquennales pour limiter les effets conjoncturels d’une mauvaise météo ou d’une baisse des ventes ». Le bilan est ensuite audité par la société Carbone 4, dont le médiatique Jean-Marc Jancovici est l’un des associés.
Le poste viticole, qui représente 24 % des émissions de gaz à effet de serre du cycle de vie d’une bouteille de champagne, a enregistré une baisse des émissions de 37 % depuis 2003, alors qu’en même temps, la surface plantée a progressé de 11 %. Le déploiement des certifications Viticulture Durable en Champagne et Haute Valeur Environnementale (HVE) a permis de faire baisser de 21 % les émissions liées aux produits phyto et à la fertilisation. « Nous constatons la baisse de l’utilisation de la fertilisation minérale au profit des engrais organiques, note Pierre Naviaux. De même, pour la lutte antigel, le recours à l’aspersion, à des systèmes de brassage d’air et à des chaufferettes biomasse a significativement fait baisser les émissions. Cela peut paraître anecdotique, mais la lutte antigel représentait 2,2 % des émissions de gaz à effet de serre en 2003 ».
L’œnologie, qui représente 18 % des émissions de gaz à effet de serre, est le poste où les émissions ont le plus baissé avec une diminution de 46 % depuis 2003 pour un volume tiré équivalent. « C’est principalement sur les bâtiments que les gains se sont opérés, commente Pierre Naviaux. La filière a fourni de gros efforts en isolation et en sobriété énergétique. Elle s’est équipée de Led et de groupes froid plus performants. Le poste de la distillation, qui représentait 3.5 % du bilan carbone, a baissé de moitié grâce à l’implication des distilleries. C’est vraiment toute la filière qui s’est impliquée ».
Sur le poste de l’emballage (35 % du Bilan Carbone), la baisse des émissions se chiffre à -20 %, avec un volume commercialisé en hausse de 3 %. La bouteille reste le principal poste du bilan carbone en représentant 24 %, soit autant que la viticulture. L’allègement de la bouteille, passant de 900 g à 835 g, a porté ses fruits. Des démarches individuelles – notamment celle de Cédric Moussé avec une bouteille à 726 g – et le travail de décarbonation de la filière verre laissent entrevoir des gains possibles sur ce poste. L’allègement des bouteilles et la hausse du taux de verre recyclé a permis de baisser l’impact carbone de la fabrication des bouteilles de 33 % depuis 2003.
Enfin, dernier poste, celui du commerce, qui représente 23 % du bilan Carbone. C’est le seul qui progresse, avec une hausse des émissions de 8 % pour un volume expédié en hausse de 3 %. « La distance moyenne des expéditions a plus que doublé en vingt ans », souligne Pierre Naviaux. Le développement de l’œnotourisme a doublé les émissions de ce poste, les portant à 5,3 % du bilan carbone.
La Champagne travaille à un autre plan décennal la menant à 2035, avec la volonté de continuer à faire baisser les émissions de 2 % chaque année et d’atteindre le Net zéro Carbone en 2050. Le machinisme et la bouteille, ainsi que la création variétale ou encore le fret voilier font partie des pistes mises en avant par le Comité Champagne pour atteindre cet objectif.




