our soutenir les trésoreries viticoles, on prend les mêmes et on recommence le prêt de consolidation bancaire. Ce lundi 23 février, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard réunit des entreprises agricoles (une vigneronne du Roussillon, un cave coopérative de la Drôme et des céréaliers), des établissements bancaires et la Banque Publique d’Investissements (Bpifrance) pour signer de premiers prêts structurels de long terme. De quoi acter non seulement la reconduction de l’outil d’allégement financier, mais le renouvellement de leurs critères afin de les rendre opérationnels et accessibles au plus grand nombre. Lancé il y a un an avec un budget 740 millions d’euros pour garantir les prêts de financement et de refinancement, le dispositif n’avait pas porté ses fruits, la BPI ayant seulement couvert 140 millions € d’encours.
Nouveaux critères
Désormais révisé, le dispositif modifie des critères excluants comme la perte maximale de 50 % des fonds propres désormais sur l’un des cinq dernières années, le rapport désormais inférieur à 30 % pour l’Excédent Brut d’Exploitation/Chiffre d’Affaires (EBE/CA), l’augmentation du plafond maximum d’encours bancaires sur 12 ans pour les caves particulières, passé de 200 000 à 600 000 €, avec une garantie de 70 % de la BPI) et l’ouverture désormais aux caves coopératives (avec deux plafonds selon la durée d’étalement de l’amortissement : 3 millions € de prêts de restructuration pour un remboursement à 12 ans, 5 millions € sur 7 ans, avec une garantie de 100 % par la BPI en dessous de 2 millions € et de 70 % au-dessus).
Saluant l’ouverture officielle ce jour de premiers prêts structurels, Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France qui a porté et négocié le sujet pour la filière, relève un « outil plus accessible pour tous ceux ayant vécu l’écueil l’an dernier de rester devant le pas de la porte », alors qu’économiquement dans la filière « la situation pas améliorée, bien au contraire ». Parmi les représentants du vignoble, « nous sommes plutôt satisfaits de ces évolutions et nous sommes certains que le dispositif va trouver son plein effet » souligne le vigneron de Fitou (Aude). Qui prévient qu’avec l’élargissement du périmètre opérationnel de l’outil (critères d’accès plus favorables, plafonds augmentés pour les caves particulières et ouverture aux caves coopératives) et la réduction du budget dédié (passé de 740 à 500 millions €), il faut être prêt à répondre à une demande dépassant l’enveloppe.
« Prévoyons une clause de revoyure dès la fin du printemps ou le début de l’été pour savoir s’il y a une surchauffe du dispositif » indique Jean-Marie Fabre, notant que comme l’outil « coûte peu en budget, mais qu’il a un fort effet de levier, il faut avoir la capacité de réinjecter des fonds dans cette mesure. Ce serait une injustice de dire que certains ont droit et pas d’autres à cet outil de consolidation. Aujourd’hui l’outil ouvre avec des critères adaptés et un périmètre de bénéficiaires plus large, il vaut mieux vaut anticiper que vivre dans l’urgence. »



