éjà investie dans un système de prospection collective à grande échelle, la Bourgogne continue à développer de nouvelles approches pour contenir la flavescence dorée. Ainsi la prospection précoce, utilisée depuis peu, a été mise en place dans une quinzaine de communes en 2025. “Là où des foyers ont été détectés récemment” , précise Charlotte Huber, directrice technique de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB). “Ces prospections ont lieu en juillet, car à ce moment il est plus probable que les jaunisses soient de la flavescence dorée. Après prélèvement, on coupe la partie végétative du cep pour limiter la diffusion de la maladie en saison”.
De même, la prospection individuelle a été déployée à large échelle pour la première fois. “Après quelques années de test, nous l’avons proposée dans une dizaine de communes en
2025, en particulier dans le secteur historique du Mâconnais”. Les vignerons concernés avaient ainsi trois semaines en fin de saison pour prospecter, marquer les pieds symptomatiques et confier leurs cartes à la Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles (Fredon. “C’est plus souple pour les vignerons, et nous sommes très satisfaits du rendu. Mais c’est un lourd investissement administratif”, confie la technicienne.
D’autres nouveautés, d’ordre technologique, devraient apparaître dans les années à venir. C’est en tout cas l’objectif du projet Flav’tech mené par la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire (CA71). “Notre premier objectif, en cours, est de lancer une application mobile pour que les vignerons puissent transmettre la localisation des pieds symptomatiques lors des prospections précoces ou individuelles”, confie Hugo Adellon, conseiller numérique de la CA71. “L’application est très simple d’utilisation et fonctionne hors ligne. Elle a été testée en 2025 avec succès sur deux communes et doit être déployée cette année”. De quoi remplacer Vigie Bourgogne, une première application qui n’avait pas donné satisfaction.
“En parallèle, nous développons une cartographie informatisée commune au Service Régional de l'Alimentation (Sral), à la Fredon et à la CAVB, ainsi qu’aux vignerons dans la limite de leur exploitation. L'objectif est de gagner en efficacité.” A moyen terme, “nous travaillons sur un système de capteur embarqué sur tracteur pour automatiser les prospections. Techniquement, c’est un enjeu de taille, nous avons donc embauché une étudiante de l’université de Dijon pour mener ce projet.” Des technologies ayant vocation à être transférées “à l'ensemble de la Bourgogne, voire à d’autres vignobles.”
Les résultats des 5200 prélèvements de 2025 témoignent d’une pression plutôt contenue en Bourgogne. “Dans l’Yonne et la Côte d’Or, la situation se limite à quelques petits foyers, qui méritent toutefois une vigilance”, annonce Charlotte Huber. En Saône-et-Loire, “Le nombre de foyers régresse dans le secteur historique du sud Mâconnais. Cela veut dire que les vignerons ont fait ce qu’il fallait, arrachages comme traitements”. Seule alerte : l’AOC Pouilly Fuissé, avec notamment 63 pieds positifs à Solutré-Pouilly, contre 10 en 2024. Rien de mystérieux pour autant. “En 2023, 2024 et 2025, nous avons expérimenté, avec l’accord de l’Etat, le non traitement avec prophylaxie renforcée : double prospection et efficacité sur les arrachages. C’était essentiel pour nous qui travaillons dans un site touristique, avec beaucoup de promeneurs qui nous interpellent. Cela explique ces chiffres alarmants de 2025”, analyse Aurélie Cheveau, présidente de l’AOC. “La qualité de la
prospection et la faible expression bois noir de l’année ont peut-être joué aussi. Quoi qu’il en soit, le risque est là et nous repassons au traitement en 2026, tout en maintenant nos efforts
de prophylaxie.”



