lors que le dispositif de consigne se met progressivement en place au Royaume-Uni, le verre est devenu un sujet de discorde majeur, contribuant à repousser l’instauration du système initialement prévu en 2025. Pour rappel, la consigne doit entrer en vigueur au 1er octobre 2027, les entreprises étant appelées à s’enregistrer vers la fin de cette année. En Angleterre, en Ecosse et en Irlande du Nord, les autorités ont choisi d’exclure le verre du périmètre, limité aux bouteilles en PET et aux cannettes en aluminium et en acier.
Un casse-tête logistique
Le gouvernement gallois, en revanche, a estimé qu’un système véritablement vertueux ne pouvait faire l’impasse sur le verre. Réfutant l’idée que cette distinction créerait une entrave au commerce au sein même du Royaume-Uni, Cardiff a prévu une période de transition : l’obligation d’un étiquetage spécifique ne s’appliquerait qu’à l’issue d’un délai de quatre ans. Une position vivement contestée par les organismes professionnels britanniques, qui pointent la nécessité d’assurer une gestion différenciée des stocks en amont : « Les stocks devront être identifiés, sous la mention « Ne peut être vendu au Pays de Galles » ou « Ne peut être vendu qu’au Pays de Galles » afin d’éviter de payer des charges environnementales applicables ailleurs au Royaume-Uni ».
Déréférencements massifs annoncés
Réclamant l’alignement du dispositif sur celui retenu dans les trois autres nations britanniques, la Wine and Spirit Trade Association (WSTA) met en garde contre les effets potentiellement dévastateurs de l’inclusion du verre. Selon elle, cette décision pourrait entraîner le retrait massif des références en linéaire. Un sondage mené auprès de ses membres avance même que jusqu’à 97% des produits pourraient être déréférencés, le coût de la mise en conformité rendant leur commercialisation économiquement non viable sur le marché gallois. La WSTA souligne également ce qu’elle considère comme une incohérence environnementale : le Pays de Galles affiche déjà un taux de collecte du verre parmi les plus élevés au monde (plus de 90%).
Le prix minimum d’une bouteille de vin passe à 6£
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement réglementaire au Pays de Galles, qui touche également le secteur des boissons alcoolisées. Le 3 février, le parlement gallois a entériné l’augmentation du prix minimum unitaire de l’alcool, qui passera de 50 pence à 65 pence (soit de 57 à 75 cts) dès le mois d’octobre. Concrètement, cette majoration portera le prix plancher d’une bouteille de vin standard (12,5%) à plus de 6£, suite à une hausse de 1,41 £ par bouteille de 75cl. Pour les spiritueux, le seuil minimum passera de 14£ à 18,20£. Instaurée au Pays de Galles en 2020, cette mesure était assortie d’une clause de suspension : en l’absence de vote parlementaire, elle aurait pris fin au 1er mars 2026. Le vote intervenu début février assure le maintien du dispositif ainsi que le relèvement du taux à compter du 1er octobre prochain. Le montant retenu s’alignera ainsi sur celui en vigueur en Ecosse, renforçant la convergence des prix minima au sein des nations britanniques.



