l’impossible nul n’est tenu. Cet adage s’appliquera-t-il au programme d’arrachage définitif ouvert le 6 février ? La question se pose, car il paraît difficile, voire irréaliste, d’arracher avant la fin de l’actuelle campagne les quelques 32 000 ha qui pourront bénéficier de ce plan, aucun chantier n’ayant encore démarré faute au retard pris dans la mise en œuvre de ce programme. Pour les uns autant s’en faire une raison dès maintenant, pour les autres pas question de se dire que le pari est déjà perdu.
Président de la chambre d’agriculture de Gironde, Jean‑Samuel Eynard est du premier avis. « Il est trop tard pour tout arracher avant le 31 juillet d’autant plus qu’il n’arrête pas de pleuvoir, pronostique‑t‑il. Il faut permettre d’arracher sur deux campagnes et le dire dès aujourd’hui pour que les gens puissent décider des vignes qu’ils pourront arracher cette campagne, pour ne cultiver que celles qu’ils n’arriveront pas à arracher avant les vendanges. »
Jean‑Samuel Eynard met en avant le risque sanitaire. « S’il faut tout arracher cette campagne, les gens ne travailleront pas les parcelles qu’ils veulent arracher. Résultat : on aura des friches qui ne seront pas arrachées au moment des vendanges parce qu’on n’y arrivera pas. »
Pour lui ce risque est supérieur à celui de voir la récolte de parcelles promises à l’arrachage venir gonfler le millésime 2026 au point de compromettre l’assainissement du marché.
Un avis loin de faire l’unanimité. Dans le Midi, les responsables professionnels ne veulent pas entendre parler de report. Du moins pour le moment. « Arracher avant la fin de la campagne, c’est un délai qu’on peut tenir », estime Damien Onorre, le président du syndicat des vignerons de l’Aude. Pour lui, la priorité est d’alléger l’offre dès ce millésime.
Pour Jean‑Baptiste Sablairoles aussi. « Plus on arrachera de parcelles cette année, plus on réduira le potentiel et plus la mesure sera efficace. L’objectif est bien de ne pas récolter les vignes promises à l’arrachage », souligne le président de la commission viticole des Jeunes agriculteurs et coopérateur à Marseillette dans l’Aude.
Pour l’instant, aucune date de fin de travaux n’est fixée par FranceAgriMer contrairement au précédent programme, ouvert en octobre 2024, avec une date de fin d’arrachage fixée au 2 juin 2025 qui avait été reportée ultérieurement au 4 août.
Pour Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer, il est encore temps de voir venir. « Tout le monde est d’accord pour dire que plus vite les vignes seront arrachées mieux on se portera, constate-t-il. Mais on va voir comment évoluent les conditions climatiques. On y verra plus clair, mi‑mars au moment où on confirmera les demandes. »



