u pays des vins de Nantes, des vins très différents cohabitent sous le même nom de Muscadet, marqués par le mode de vinification et leur durée d’élevage. Entre un Muscadet AOC (l’entrée de gamme) très frais et un communal (Clisson, Gorges, Vallet…) structuré par des élevages longs, en n’omettant pas la catégorie des sous-régionaux, portant ou non, la mention « sur lie », le consommateur, néophyte en particulier, peut s’y perdre. D’autant que les profils des vins ont évolué. En clair, le Muscadet associé aux huitres, ça marche toujours, mais c’est très réducteur.
La filière (Fédération des vins de Nantes, Vignerons indépendants et chambre d’agriculture) s’est lancée en 2022 dans une grande enquête auprès de consommateurs, de cavistes indépendants et de chefs de rayon de GMS sur tout le territoire pour analyser leur perception du Muscadet. Dans le grand public, la mauvaise compréhension de la gamme se confirme, tout comme la mention « sur lie ». Mais la notoriété du produit est incontestable. Chez les professionnels, pas de doute, tous ont besoin de ce produit dans leur point de vente.
Une seconde enquête a sondé les mêmes sur une notion de segmentation sur la base de la durée d’élevage. “On a un modèle : c’est le Comté”, indique David Destoc, directeur du Syndicat des Vignerons indépendants nantais. C’est sur cette base que les Vignerons indépendants ont voulu accélérer en proposant donc une segmentation – et pas une hiérarchisation – des Muscadets (auquel ils ajoutent donc un s final). Une offre marketing qui n’interfère pas avec le travail de l’ODG sur les cahiers des charges.
Le Syndicat a donc planché sur un document de présentation pédagogique de 4 produits avec 3, 6, 15 et 24 mois d’élevage. Le tout associé à des accords mets-vins. Voilà pour le verso. Au recto du document, pour les professionnels, on rentre un peu dans la technique. “On l’édite sous forme de set de table pour les caveaux, les salons, les foires. On fera aussi des posters”, précise le directeur. Tout ce travail répond à une volonté première de valorisation des produits. “Pour reprendre le Comté, la durée d’affinage détermine aussi le prix. Et le consommateur le comprend très bien. 24 mois, c’est plus cher que 9. Ça doit être la même chose pour nos vins”, poursuit David Destoc.
Parallèlement, et dans cet esprit de valorisation, une gamme de trois produits (3 ,6 et 15 mois) va être présentée au Salon de l’agriculture le 25 février. Elle portera la marque Juste de Loire-Atlantique, qui s’engage à rémunérer au prix juste le producteur. Elle accueille déjà du lait, des œufs, de la farine… et aura donc désormais trois Muscadet étiquetés juste avec la durée d’élevage. Ce sont trois vins de trois Vignerons indépendants positionnés à 6, 8 et 10 € TTC. “On se lance. Notre président Edouard Massart veut avancer vite. On a ensuite un gros travail de sensibilisation auprès des vignerons pour qu’ils adoptent cette segmentation. Puis vers les acheteurs pour qu’ils intègrent bien que chacun doit vivre dignement de son métier”, conclut David Destoc



