élèbre pour ses rôles dans les sketches SAV des émissions, le film Intouchables ou la série Lupin, l’acteur Omar Sy investit dans une nouvelle production : les boissons sans alcool à base de raisins et de vins du Petit Béret. Revendiquant dans un communiqué « un geste de soutien et de solidarité », Omar Sy veut « accompagner une entreprise française qui porte une marque inclusive, dans laquelle chacun peut se retrouver et où chacun a sa place, quelle que soit sa condition ». Fondée en 2015 par l’entrepreneur Fathi Benni à Nissan-lez-Enserune (Hérault), l’entreprise veut mettre une boisson sans alcool inspirée du vin à disposition de tous ceux ne voulant ou pouvant pas boire d’alcool (pour raisons médicales, religieuses, etc.). 11 ans après, Petit Béret peut se targuer de compter parmi les pionniers du sans alcool, même si des vétérans existent (comme le vin sans alcool Bonne Nouvelle datant de 1993 par UCCOAR puis Cordier).
En redressement
Ayant une longévité inhabituelle dans le sans alcool, Petit Béret fait aussi face aux difficultés qui se multiplient dans la filière : le tribunal de commerce de Béziers ayant ouvert une procédure de redressement judiciaire le 19 novembre 2025 (pour cessation des paiements le 25 Juillet 2025). La faute au faux bond d’un investisseur, n’ayant pas versé « plusieurs millions d’euros comme il s’y était engagé » rapporte Fathi Benni à Vitisphere, ajoutant avoir « été obligé de ralentir, ça fait partie de la vie des entreprises », tout en martelant que son activité est florissante : « nous avons une forte croissance en France et à l’international. Nous avons de la demande, ce phénomène [du redressement judiciaire] est dû à l’absence d’un versement d’un investisseur. »
Précisant étaler ses encours, Fathi Benni est en phase de « restructuration » du Petit Béret et « trouve de nouveaux partenaires, Omar Sy est la première brique » en prenant des parts, minoritaires, de la société, restant la propriété, majoritaire, de son fondateur. « Soutenir cette marque, c’est accepter d’engager sa responsabilité pour l’aider à traverser une période décisive et lui permettre de continuer à exister » indique pour sa part Omar Sy, visiblement : « je crois sincèrement en ce projet, en les personnes qui l’ont fondé comme en celles qui le développent aujourd’hui. Je crois en leur travail, en leur engagement et en leur droit à poursuivre cette aventure. C’est un pari qui vaut la peine, et auquel je crois. »
Avec l’appui d’Omar Sy (et d’autres actionnaires non communiqués), « Petit Béret porte un projet industriel structurant, Non Alcoholic Excellence Center (NAEC) basé en Occitanie, pensé comme une réponse concrète à la crise viticole régionale et aux enjeux mondiaux de la filière boissons » indique un communiqué, visant de fortement développer avec de nouveaux outils R&D la production de Petit Béret. L’objectif affiché étant de passer de 35 hectares de vignes pour 3 à 5 000 hectolitres de boissons sans alcool actuellement à 250 ha produisant 25 à 30 000 hl/an à l’avenir. En somme, « cette étape de restructuration permet de construire les 10 prochaines années » nous explique Fathi Benni, soulignant le coût et les délais de la R&D : « l’innovation dure, prend du temps, on ne peut pas aller plus vite que nature qui ne produit qu’un millésime par an ».
Ne communiquant pas les montants mobilisés pour construire ce centre R&D, Fathi Benni indique investir 25 % de son chiffre d’affaires dans la recherche et revendique une aspiration et une « vocation à mettre de la R&D dans la filière qui en manque. La crise viticole que l’on vit vient de 20 ans sans investissement dans l’innovation. Alce que c’est ce qui fait croitre, nous lançons le premier vin sans alcool sans sucre résiduel. Nous avons été précurseurs sur le marché. Nous avons essuyé les plâtres et nous avons été dénigrés, force est de constater maintenant qu’il y a maintenant des centaines d’acteurs qui y viennent. » Y compris ceux qui critiquaient la démarche il y a quelques années relève le fondateur du Petit Béret : « ceux qui aboyaient se mettent à faire du sans alcool » note-t-il, précisant être « très content de l’arrivée de nos concurrents, ça crée de l’émulation. Nous étions les premiers, nous sommes fiers d’avoir montré que l’alcool n’a pas le monopole des boissons fines. »




