ignée ce 23 janvier par leurs présidents respectifs*, la fusion absorption de la Girondaise par les Marmandais doit être ratifiée ce 27 février par leurs assemblées générales extraordinaires respectives : dès le 28 février, la première sera dissoute et fermera définitivement les portes de son site centenaire de Gironde-sur-Dropt (fondé en 1933 avec réception de vendanges, vinifications, conditionnement, stockage et boutique) pour envoyer ses 20 adhérents bordelais et leurs 10 000 hectolitres de vins (IGP Atlantique, AOC Bordeaux, Bordeaux Supérieur et Graves) à la cave voisine de Cocumont (Lot-t-Garonne). Une évolution forte entre deux sites on ne peut plus proches : « nous sommes distants de 15 km » relève Sandra Joffroy, directrice marketing des Marmandais (78 adhérents pour 720 ha, à 90 % en AOP et 10 % en IGP Comté Tolosan), qui présente sur le salon Wine Paris ses premières étiquettes bordelaises.
« Ça élargit notre portefeuille et complète notre offre » indique-t-elle, dévoilant en IGP Atlantique rouge et rosé "Bord de mer" des étiquettes aussi épurées que balnéaires pour la Grande Distribution (la marque Oceania étant destinée aux cavistes et restaurants) et en AOC Bordeaux rouge et rosé "La Girondaise" : une marque déposée par la cave, mais jamais exploitée par elle, qui est désormais incarnée par une étiquette vintage (voir ci-dessous), qui reprend les codes esthétiques de l’Art Nouveau (la Semeuse) et graphiques d’anciens spiritueux (type génépi). Si la Girondaise ferme ses portes, elle s’affiche désormais sur ses bouteilles.
Conjonction d’intérêts
En discussion depuis 18 mois, le temps d’établir des bilans financiers, ce rapprochement permet de répondre aux besoins de valorisation de la cave absorbée et à la nécessité de volumes pour celle absorbante. Commercialisant principalement ses vins en vrac, la Girondaise fait face à des cours toujours plus inférieurs aux coûts de production du vignoble et de la structure coopérative (l’arrachage et les abandons n’aidant pas). « Chacun avait besoin de l’autre » résume Frédéric Costella, le directeur général des Marmandais, pointant que la cave girondine luttait pour dégager des rémunérations à ses adhérents, alors que la coopérative lot-et-garonnais a « besoin de volumes, comme la rémunération est liée à la performance commerciale et que ces dernières années les récoltes ont été moyennes en quantité ».
Car si les Marmandais sont performants dans leurs réseaux commerciaux diversifiés (40 % des ventes en grande distribution, 25 % en restauration, 25 % en vrac, 5 % à l’export, 5 % en vente directe), la cave manque de vins à vendre : « nous nous en sortons en termes de marché et de commerce, le souci se trouve au niveau des exploitations. Le volume idéal de production de la cave est de 50 000 hl. Ces dernières années nous sommes tombés à 42 000 hl » explique Sandra Jofroit. En 2025, du fait de la fusion qui sera rétroactive (au premier septembre 2025), la production des Marmandais va s’élever à 49 000 hl grâce aux 10 000 hl de Girondaise. « Heureusement que cette année on a leurs volumes. À 50 000 hl on tient bon » souligne Sandra Jofroit.
Ayant déjà fermé sa réception de vendanges et son activité de vinification sur le millésime 2025, le site de la Girondaise va définitivement fermer indique Frédéric Costella. Pointant que cette évolution s’inscrit dans une plus large restructuration régionale des outils coopératifs à venir. Avec son lot de fusions, d’absorptions et de fermetures de sites historiques. « Ce sont des questions que tout le monde se pose. Nous sommes parmi les premiers à le faire, d’autres suivront, il faut regrouper les capacités pour faire face aux enjeux actuels » prédit le directeur.
* : Sébastien Laffargue pour les Marmandais (mandaté le 21 novembre 2025 par son conseil d'administration) et Thierry Tartas pour la Girondaise (mandaté le 3 décembre 2025).

Un aperçu de la bouteille de la marque "la Girondaise". Photo : Les Marmandais.

Sa déclinaison en vin rosé. Photo : Les Marmandais.




