n actionnant les leviers de la replantation, mais surtout de réorientation des vins blancs de chardonnay produits dans l’aire de production de l’appellation, les dirigeants d’Inter Beaujolais visent le triplement de la production de vins blancs, qui ne représentent actuellement que 5 % des volumes produits dans l’appellation. « Les niveaux de valorisation atteints par nos vins blancs en 2025 permettent à nos producteurs d’arbitrer l’orientation de leurs chardonnays vers l’AOP Beaujolais plutôt que sur les Bourgogne blancs ou Crémants de Bourgogne blancs », espère le président de l’interprofession des vins du Beaujolais Jean-Marc Lafont.
Si seulement 500 ha sont actuellement revendiqués, le vice-président d’Inter beaujolais Sébastien Kargul voit « un potentiel de doublement assez rapide des volumes de Beaujolais blanc avec ces transferts de revendication, le reste étant lié à la progression des plantations en cours et à venir ». Bien que très bien valorisé, le niveau de production actuel des Beaujolais blanc reste « trop confidentiel pour asseoir une notoriété sur les marchés, et rassurer les opérateurs sur la continuité de disponibilité des volumes d’une année à l’autre », enchaîne Sébastien Kargul. De même, le négoce est encore frileux pour s’engager à proposer ces Beaujolais blancs à des client plus importants sans garantie de continuité d’approvisionnement. Le vice-président de l’interprofession insiste néanmoins sur la position de complément de ces vins blancs à l’offre du Beaujolais. « On ne parle pas de blanchissement de l’appellation, mais bien atteindre un seuil de notoriété et de disponibilité pour travailler l’offre à plus grande échelle », pose-t-il.
Une commission spécifique a donc été mise en place au sein de l’interprofession cette année pour travailler la communication et la promotion autour de ces vins blancs. « Nous travaillons encore sur la définition des axes forts de cette communication avant de lancer le plan de communication courant 2026 », précise Sébastien Kargul. Si elle est confidentielle en volume, l’appellation Beaujolais blanc l’est aussi encore trop dans la renommée. « La qualité des vins est reconnue, il restera donc à accroître notre notoriété plus largement », ajoute Sébastien Kargul.
Plus largement, les vins de Beaujolais, dont 30% des volumes sont exportés, sont en maintien sur les Etats-Unis, leur premier marché à l’étranger. Ils poursuivent en parallèle leur recentrage vers « notre marché le plus naturel, le bassin lyonnais », en multipliant les opérations auprès des professionnels et du grand public, pour reconquérir les parts perdues dans ce bassin de plus d’1,5 million d’habitants qui devrait figurer en tête des débouchés des vins locaux.



