ergerac, Bordeaux, Buzet, Corbières et Côtes-du-Rhône ? 5 vins rouges malmenés par la déconsommation et la dévalorisation… Mais aussi 5 AOC réunies dans la gamme "Soutenons nos vignerons" du groupe alsacien Grands Chais de France (GCF) lancée l’an dernier en BIB pour la Grande Distribution (Leclerc, Carrefour, Intermarché, Casino et Franprix) et présentée ce 10 février sur Wine Paris dans sa déclinaison en bouteilles pour la restauration (dès mars via le réseau C10). Et désormais 5 unions de producteurs visiblement ravies et à mille lieues des habituelles critiques sur les groupes de négoce et la grande distribution.
« Les acheteurs de GCF se sont rendu compte qu’il n’était plus possible pour les producteurs de nos AOC de s’en sortir si on ne met pas le prix » rapporte Étienne Laris, le président de la cave de Mont Tauch (1 000 hectares pour 115 adhérents dans l’Aude), commercialisant 95 % de ses volumes via des contrats passés avec GCF depuis 2013 : « quand Joseph Helfrich [le PDG fondateur de GCF] est venu, il y en avait plein qui tournaient autour de nous, il a été le seul à nous demander combien nous pensions devoir gagner par hectare de vigne pour pouvoir vivre et que nos enfants viennent prendre la suite. Et il nous a assuré cette rémunération et même un peu plus. Maintenant il y a un effort supplémentaire [pour la gamme "Soutenons nos vignerons"]. Par rapport à ce que vit le vignoble et aux mercuriales, on fait des envieux. Je n’ai qu’une chose à dire à ces gens trop souvent méprisés : un grand merci. »
Même reconnaissance pour Edwige Bourchet, la directrice commerciale et technique de la cave de Vaison la Romaine (950 ha pour 60 adhérents dans le Vaucluse) : « ça donne foi dans l’avenir, c’est réjouissant. Oui il y aura des arrachages, il y aura des abandons, il y aura des départs… Mais ce partenariat montre notre dynamisme, on ne subit pas, on est acteurs. C’est important dans un environnement très compétitif entre caves coopératives. » Le projet "Soutenons nos vignerons" ne se réduisant pas à la question de la valorisation : « on parle aussi de vins, d’orientation vers des profils frais et fruités… » La buvabilité étant un élément clé confirme Anne-Laure Helfrich, la directrice marketing de GCF, afin de proposer « un vin juste et qui parle aux consommateurs, gustativement et visuellement. »
Les six bouteilles (5 rouges et un blanc bordelais) affichent des étiquettes stylisant le métier de vigneron dans des représentations colorées et joyeuses : « le projet est de donner de la visibilité et des jours meilleurs aux vignerons » avec « la volonté d’un vin juste, c’est une juste rémunération. Tout travail mérite salaire. Et il est important que les jeunes puissent vivre et s’installer. » Se réjouissant de l’installation de son fils, Étienne Laris constate qu’avec cette gamme faisant la promotion de la juste répartition de la valeur, « on montre que c’est possible avec la volonté de chacun, c’est une prise de conscience ». En l’état, « c’est une démarche assez audacieuse, peu courante, qui, je l’espère, va inspirer » conclut Anne-Laure Helfrich.



