uméro de duettistes bien huilé pour les co-présidents du Comité Champagne ce mardi 10 février à Wine Paris présentant au cordeau les actualités de la filière champenoise. Si les chiffres commerciaux pour 2025 sont en demi-teinte (266 millions de cols et 5,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit -2 et -10 % en un an), David Chatillon, président de l'Union des Maisons de Champagne (UMC), et Maxime Toubart président du Syndicat Général des Vignerons (SGV), appellent surtout à prendre du recul sur les avancées et défis de la filière. S'il y a un challenge, c'est celui de « rester le symbole universel du vin de célébration » pose Maxime Toubart, pour qui il faut « rester lucide. La question n'est pas de savoir si le champagne est encore désirable. Il l'est, les études le prouvent. La question est de savoir comment alimenter ce désir pour rester un réflexe de célébration. »
L'enjeu étant de taille alors que « la concurrence des autres vins effervescents s'intensifie, que la déconsommation progresse en France et ailleurs, qu'il y a des changements de consommation, que les célébrations évoluent? Ce sont des réalités qui ne nous effraient pas, mais qui nous stimulent » poursuit David Chatillon. Ce qui se traduit par le lancement d'une « étude stratégique Champagne 2040 » rebondit Maxime Toubart, pour « mieux comprendre les usages et tendances » avec l'« objectif de se projeter à long terme en agissant dès aujourd'hui ». L'étude devant être rendue en 2026 pour aboutir à un plan d'actions concocté par le conseil interprofessionnel réunissant 13 représentants du vignoble, autant du négoce et deux courtiers : « c'est un think tank pour se réinterroger collectivement du point de vue du consommateur » résume Maxime Toubart. « On n'attend pas 2040 pour agir, la question collectivement posée est quel champagne voulons-nous en 2040 et que faire pour y arriver dès aujourd'hui » renchérit David Chatillon
RDV le 5 juin 2027
Pour se projeter à court-terme, le Comité Champagne annonce des festivités le samedi 5 juin 2027 avec le concept d'un « évènement fédérateur pour inscrire le champagne dans l'imaginaire collectif » esquisse Maxime Toubart, qui ne veut pas trop en dire, mais évoque un rendez-vous musical marquant et un événement spectaculaire ancré dans le territoire champenois. Comme le rappelle Charles Gomaere, directeur général du Comité Champagne, avec 114 millions de bouteilles vendues en 2025, « la France reste le premier marché » de l'AOC et une « priorité absolue ».
Alors que la filière champenoise laboure l'export et développe l'œnotourisme, « la somme des initiatives individuelles est considérable et fait rayonner l'AOC », mais « les choses ont changé. Il y a la volonté de s'unir et de se rassembler pour mieux comprendre les consommateurs et les tendances qui apparaissent » ajoute David Chatillon, affirmant la « volonté exprimée de réenchanter le champagne comme symbole universel de la célébration ». Si « le monde n'est pas à la fête, est-ce que ce n'est pas justement maintenant que l'on a plus besoin de champagnes ? » glisse Maxime Toubart.
Répétant que les vins de Champagne doivent être « disponibles, exemplaires et désirables » pour performer à l'avenir, David Chatillon estime que les travaux sur l'exemplarité et la disponibilité sont bien avancés, constituant une base solide avec des engagements durables sur l'environnement (notamment le bilan carbone 2025 de la filière enregistrant -25 % d'émissions depuis 2003*, permettant à la filière de maintenir son objectif net zéro carbone pour 2050), sur la pérennité du vignoble (avec la serre bioclimatique Qanopée, ainsi que l'ouverture de l'encépagement AOC à des variétés de vignes résistantes : Voltis par le passé, Serelys et Aurelys pour l'avenir) et la consolidation du modèle champenois, avec lequel « on décide de produire les volumes que nous anticipons de vendre à l'avenir, ni plus, ni moins. C'est accepter de perdre individuellement à court terme pour gagner collectivement à long terme » résume David Chatillon.
* : Le CIVC précise des baisses de 24 % des émissions à la vigne (avec des solutions décarbonées pour lutter contre le gel, un machinisme champenois se développant sur la robotique?) , -18 % pour les caves (plus sobres avec un mix énergétique adapté), -35 % sur l'emballage (avec l'augmentation de la part du verre recyclé : désormais 90 %) et -23 % sur le volet commercial (porté par la chute du transport aérien, -70 %).




