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-8 %, l’export des vins et spiritueux français prend l’eau, mais pas de toutes parts de marché
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Forte correction en valeur
-8 %, l’export des vins et spiritueux français prend l’eau, mais pas de toutes parts de marché

Alimentée par les difficultés économiques en Chine et géopolitiques aux États-Unis, les exportations françaises de vins et spiritueux sont corrigés en valeur et atteignent des niveaux historiquement bas en volumes. Ce qui n’occulte pas des tendances commerciales positives, en Europe ou en Afrique, sans oublier les promesses en Inde et au Brésil. Le négoce veut désormais obtenir des soutiens politiques, français et européens, sur les accords commerciaux et les aides aux expositions géopolitiques.
Par Alexandre Abellan Le 10 février 2026
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-8 %, l’export des vins et spiritueux français prend l’eau, mais pas de toutes parts de marché
« L’ensemble de la filière reste offensive, sur le pont, comme on le voit à Wine Paris avec beaucoup d’exposants qui ne baissent pas les bras. Ça ne veut pas dire que c’est facile, mais on continue à développer l’export » expose Gabriel Picard, le président de la FEVS. - crédit photo : Alexandre Abellan
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Nouvelle dégringolade pour les exportations de vins français, qui tombent à 10,5 milliards d’euros pour 15,3 millions d’hectolitres en 2025, soit -7,9 % en valeur et -3 % en volume annonce ce mardi 10 février sur le salon Wine Paris la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS). Pour les vins, la chute est de 4,1 % en valeur et 3 % en volume, avec 10,5 milliards € pour 10,9 millions hl. « C’est un nouveau repli de nos exportations dans un environnement complexe », tout en restant « le troisième excédent de la balance commerciale » constate Gabriel Picard, le président de la FEVS, résume 12 mois chamboulés : « nous avons vécu une année 2025 de fortes turbulences, ce n’est sans doute pas terminé, mais la filière reste résiliente ».

Concrètement, les exportateurs français de vins et spiritueux ont perdu « 1,3 milliard € aux États-Unis et sur le bloc de la Chine et assimilés. Nos deux principaux clients pourvoyeurs de valeur souffrent et sont en même temps en difficulté, ce qui est inédit et justifie 100 % » des baisses export souligne Gabriel Picard. Prenant de la hauteur, le négociant bourguignon analyse deux tendances différentes de repli, avec d’une part des volumes baissant selon « une trajectoire linéaire lente, progressive de la baisse des volumes » depuis des années, contrairement aux chiffres d’affaires, où 2025 est une nouvelle « année de correction en valeur » avec « un rattrapage plus brutal », effaçant les dernières années de premiumisation et marquant le pas avec « l’effet non négligeable des taux de change, notamment du dollar, de l’ordre de 15 %, se cumulant aux taxes, de 15 % ». La dévalorisation actuelle serait conjoncturelle (avec également l’après covid ou la crise de l’inflation), contrairement à une décroissance des volumes plus structurelle et continue. Si les vins affichent un chiffre d’affaires à l’export supérieur à la période 2018-2019, les volumes tombent à 120 millions de caisses, un niveau historiquement bas pointe Gabriel Picard.

Baisses généralisées des exportations de vins, situations contrastées sur les marchés

Dans le vignoble, les performances exports sont globalement négatives. En AOC on note -5 % pour Champagne (avec 3,7 milliards €), -24 % pour Cognac (3,7 milliards €),-5 % pour l’Alsace (à 94 millions €), -5 % pour Bordeaux (à 1,9 milliard €), -2 % en Bourgogne (1,5 milliard €), -8 % en Beaujolais (91 millions €), -3 % en Val de Loire (327 millions €), -8 % en Vallée du Rhône (425 millions €), -22 % en Languedoc-Roussillon (151 millions €), -7 % en Provence (343 millions €), -7 % pour le Sud-Ouest (11 millions €) et -13 % pour Armagnac (16 millions €). En IGP, on relève -6 % pour Pays d’Oc (517 millions €).

Mais les marchés sont en regard beaucoup plus contrastés dans leurs performances pour les vins. Si la Chine et les États-Unis se replient en valeur (respectivement -20 % à 266 millions € et -19 % à 1,9 milliard €), des destinations restent fortes et émergent pointe le négociant bordelais Philippe Castéja, évoquant les résistances des marchés britanniques et belges (-1 % à 1,4 milliard € et -1 % à 604 millions €), le maintien du Japon malgré la baisse du yen (stable à 607 millions €), le bon développement du Canada en réponse aux menaces américaines (+4 % à 483 millions €)… Ainsi que des perspectives encourageantes sur des marchés africains comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire…

Nous souffrons sur les marchés ayant des problèmes de change et de barrières

Sans oublier « la très bonne tenue de marchés européens, la Suisse croit (+5 % à 471 millions €) et la Suède est en hausse (+7 % à 226 millions €). Les pays sérieux de consommation habituelle sont au rendez-vous et donnent confiance, là où nous souffrons sur les marchés ayant des problèmes de change et de barrières. Si ces questions sont résolues, on devrait voir un redémarrage aux états-unis, en Chine ou au Japon » esquisse Philippe Castéja, esquissant des perspectives prometteuses avec les accords commerciaux européens au Brésil (si l’accord du Mercosur se débloque) et en Inde (avec un accord de principe tout juste signé).

Avec une population très amatrice de spiritueux, l’Inde est une destination plus que prometteuse pour Cognac, où l’on reste circonspect : « pour conquérir un tel marché, il faut une décennie » prévient Florent Morillon, le président du Bureau National Interprofessionnel de Cognac (BNIC), qui partage le recul en 2025 à 141 millions de bouteilles expédiées, « le chiffre que nous faisions en 2010. Nous avons perdu 15 années de développement à cause des baisses de consommation et de la géopolitique. Nous avons été touché par l’enquête antidumping chinoise [NDLR : en rétorsion aux taxes européennes sur les voitures électriques], qui nous a mis le genou à terre sur notre premier marché en valeur et le deuxième en volume. »

Détruire un marché prend quelques secondes, le construire prend des années

« Détruire un marché prend quelques secondes, c’est ce que l’on a vécu en Chine avec Cognac, construire un marché prend des années. Et 10 ans, c’est optimiste » abonde Gabriel Picard, appelant les forces politiques française et européennes à soutenir la filière. Dans la perspective des développements pour les exportations de vins et le respect des autres filières agricoles (notamment avec des clauses miroirs), le président de la FEVS appelle à défendre les accords commerciaux avec le Canada (CETA) et les pays d’Amérique du Sud (Mercosur).

Accords et désaccords commerciaux

Pour éviter de nouvelles mesures de rétorsion ciblant gratuitement les vins et spiritueux dans des conflits géopolitiques les dépassant, Gabriel Picard appelle la France à se mettre en retrait des prises de parole clivantes commercialement : « comme nous l’avons dit au président de la République hier [lors de l’inauguration de Wine Paris par Emmanuel Macron], la filière considère que le bon niveau d’échange c’est l’Europe » et que « se singulariser à outrance en tant Français n’est pas stratégique, cela nous expose d’avantage ». Ce qui n’empêche pas d’« avoir un cap pour gérer le rapport de force sans grandes déclarations inutiles, sans excès, sans agressivité. »

Mais sachant que les menaces de taxes à 200 % et autres invectives sont amenées à se répéter, « il faut s’armer et se muscler au niveau européen pour défendre les filières exposées » indique Gavriel Picard, demandant à l’Europe un fonds d’aide aux filières agricoles exposées malgré elles dans les conflits sur l’aéronautique, les métaux, l’automobile… « Quand on met des droits de douane sur les véhicules électriques chinois, une partie des fonds doit servir soutenir les filières exposés. Si l’Europe part au combat sans protéger ses troupes, elles vont vaciller » alerte Gabriel Picard, qui évoque l’exemple du soutien américain à ses producteurs de soja exposés en Chine. Un soutien européen qui doit acter une réalité économique : « notre filière n’a pas à s’excuser d’exister » alors qu’elle rassemble « 5 400 entreprises » et représente « 600 000 emplois directs et indirects » pour « 40 milliards € de chiffre d’affaires, dont 15 milliards à l’export » liste Gabriel Picard.

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