our parler à la nouvelle génération de consommateurs, « il faut sortir de l’idée d’accords mets-vins, et plutôt aborder des accords moments-vins », résume de manière simple et directe Paul Escorne, co-fondateur de Barélo, l’ex-Wine Not, l’appli qui propose aux jeunes consommateurs de les guider dans leur choix de vin. A l’occasion d’une table ronde de cette édition 2026 de Wine Paris défrichant les clés d’accès au vin pour les jeunes consommateurs, les réponses des intervenants sont unanimes : « il faut créer des occasions, des évènements, associés à la consommation de vin », enchaîne Pierre-Alexandre De Boisse, co-fondateur du Canon français, qui organise des banquets de 2 500 personnes dans une ambiance festive entre vins, DJ, charcuterie, fromages et produits du terroir.
Même combat pour Paul Cornu et Cédric Grimplet, co-fondateurs du Trafic Bar. Ils organisent de leur côté des rassemblements itinérants accueillant 400 à 500 personnes dans les vignes « où toutes les générations se retrouvent autour du vin, de produits du terroir et d’un DJ dans la remorque du tracteur », décrit Cédric Grimplet. Dans tous les cas, il s’agit de « casser la barrière » qui empêche spontanément les plus jeunes d’accéder à la consommation facile et décomplexée du vin. « Des cavistes nous remontent qu’ils ont du mal à recruter de nouveaux consommateurs, et dans le même temps les jeunes expliquent de leur côté qu’ils sont intimidés à l’idée d’aller chercher du vin chez un caviste : il faut être connaisseur ou expert, les vins y sont chers… Alors que c’est faux. Il y a de l’appréhension et de l’incompréhension qu’il faut leur faire dépasser en proposant aux jeunes des moments de consommation qui rendent facile l’accès au vin », appuie Paul Escorne.
« Quand j’encourage mes amis de 22 ans à boire du vin, je ne leur propose pas d’aller faire une dégustation chez un caviste, on va plutôt vers du fun et un moment où on s’amuse », renchérit Louisette Foxonet, animatrice de cette table ronde et influenceuse vin du compte Shareaglassfr. Pour tous les intervenants, ce n’est pas le vin en lui-même qui est en cause, mais bien tout ce dont on a pu l’entourer en l’habillant d’une parure d’élitisme ou d’expertise qui intimide et repousse les plus jeunes ou plus novices. « la bière a pris une place dans la consommation du quotidien, dans les troquets le midi, qui était historiquement occupée par le vin », reprend Pierre-Alexandre De Boisse.
Alors que l’intitulé de la conférence se voulait volontiers provocateur : « le vrai problème du vin : personne n’a de raison d’ouvrir une bouteille. Ou comment ouvrir la Gen Z vers des moments de consommation auxquels elle n’a pas accès », le salut de la conquête de nouveaux consommateurs de vin passe par la mise en œuvre d’instants simples, festifs et accessibles sans expertise. Pour calibrer les opportunités de consommation aux besoins de simplicité de la nouvelle génération.




