uvrant ce lundi 9 février le salon Wine Paris, Emmanuel Macron, le président de la République, a balayé toute idée de déclassement du vin français et défendu les principes du plan d'arrachage définitif de vignes à 130 millions d'euros : « il faut le faire pour que les autres créent de la valeur. C'est responsable. Si l'on n'arrache dans ces moments-là, qu'est-ce que l'on fait ? On distille à perte, ce qui est terrible pour les vignerons. » Mais il est tout aussi inconcevable pour la filière vin que la demande française de fonds européens pour la distillation de crise formulée fin novembre par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, n'ait toujours pas eu de réponse claire de la Commission européen. Président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, Jérôme Despey porte cette demande à 80 millions d'euros et interpelle le chef de l'État sur l'absence d'avancées.
Saluant les avancées sur le déploiement du plan de sortie de crise*, Jérôme Despey insiste lourdement sur le besoin d'une validation par la Commission Européenne, restant très floue sur le sujet. Président du salon international de l'Agriculture (21 février-1er mars), le viticulteur héraultais prévient : « il faut avant le salon de l'Agriculture que le point soit débloqué. J'ai demandé au président de la République de se mobiliser. Il m'a dit qu'il avait bien conscience de la tenue d'un salon international de l'Agriculture et qu'il allait tout faire pour débloquer la situation avant. »
PAC et OCM vin
Autre point crucial pour Jérôme Despey : le maintien du budget de la prochaine Politique Agricole Commune (PAC) et la préservation d'une Organisation Commune de Marché spécifique à la filière vitivinicole (OCM vin) : « en l'état, on n'est pas l'euro prêt dans la proposition de l'Europe. Les États membres doivent se mobiliser pour l'obtenir et prendre en compte l'inflation. »
* : Si l'arrachage définitif à 4 000 ?/ha est en avance de phase (le budget 2026 doit encore être promulgué et l'outil validé par l'Europe), des concrétisations sont encore attendues sur l'aide à la restructuration des caves coopératives (rendez-vous ce soir au ministère de l'Agriculture sur l'audit 2025) ou les prêts de restructuration bancaire (dont les arbitrages sont tout juste rendus et doivent être mis en œuvre).



