vant l'ouverture du salon Wine Paris ce lundi 9 février, Pierre Bories, le président du Conseil Interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL), transmet son optimisme en conférence de presse ce jeudi 5 février à Montpellier. Il souligne « les raisons d’y croire, pour changer de la sinistrose actuelle, en soulignant les points positifs sur lesquels nous appuyer pour le développement commercial des vins de nos appellations du Languedoc ». S’il reconnaît « l’impact de la déconsommation » sur l’économie viticole, il tient à nuancer les affirmations généralistes accréditant la thèse d’une déconsommation concentrée sur les vins rouges. « C’est surtout valable sur les vins rouges des segments de prix bas, avec un fort retrait sur la tranche 4-6 €, car c’est plutôt une progression qui est enregistrée sur les vins rouges des tranches 8 à 20 € », appuie le vigneron et négociant basé dans les Corbières (l’AOC Corbières n’étant plus partie prenante du CIVL, alors que Boutenac l’est).
Il appuie en outre sur le différentiel pointé par les chiffres de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) entre production mondiale de vin et consommation. « Les chiffres sont sans appel : il manque 18 millions hl (Mhl) en 2024, car l’arrêt des structures de production est plus rapide que la baisse de consommation. 18 Mhl, c’est trois fois la production du Languedoc, il y a de la place à prendre ! », tranche Pierre Bories.
Chiffres macroéconomiques à l’appui, c’est le segment précis de prix de vente de 8 à 12 € par bouteille qui est donc pointé par le président du CIVL pour figurer au cœur de l’ambition de conquête des vins du Languedoc, alors que la majorité des volumes est actuellement plutôt entre 4 et 6 €. « Notre stratégie est donc axée sur ce passage de la tranche 4-6 € à la tranche 6-8 €, puis ensuite 8-10 €. Car là, on arrive sur un segment abandonné par la plupart des régions de production. Le Languedoc a un boulevard de consommation devant lui en positionnant ses vins dessus ! », vise le président du CIVL.
Alors que les AOC rouges locomotives de l’interprofession, Pic Saint-Loup et Terrasses du Larzac en particulier, « ont un positionnement prix de 12 à 35€ très pertinent avec leurs marchés et leurs produits », l’effort doit être fait « pour orienter l’offre de chacun avec les marchés qui correspondent ». Si les marchés export sont visés, représentant déjà 40 % des ventes des AOP du Languedoc, le marché de la grande distribution française n’est pas à occulter. « Une bouteille de vin rouge est valorisée en moyenne à 8 € en Grande Distribution française, avec une stabilité de nos volumes de vins rouges qui y sont vendus en 2025 », situe en complément Olivier Legrand, le directeur du CIVL. Sans oublier que la moitié des volumes de l’AOP régionale Languedoc sont vendus en rosé. Les sorties y sont stables, « en moyenne entre 6 et 9 € », mais Pierre Bories alerte sur cette « rosé-dépendance » de cette AOP qui en vend plus que la Provence.
Le travail de promotion de l’interprofession va donc consister à « utiliser les recettes de nos AOP qui marchent sur celles plus en difficulté, en repositionnant leur image et en les mettant en adéquation avec des marchés qui leur correspondent », enchaîne Pierre Bories, « nous avons acheté les données Wine Searcher, nous savons donc exactement les positionnements prix de chaque AOP ».
Pointant « le cruel manque d’une marque ombrelle régionale » depuis la fin de Sud de France, Pierre Bories souligne enfin que l’interprofession a créé une entité, Cap Export, « pour former les entreprises pour aller sur les marchés… On ne s’attaque pas aux Etats-Unis sans être en mesure de s’y déplacer 4 fois dans l’année pour le suivi, sinon c’est payer de la promotion pour échouer ». L’ouverture de Wine Paris est la première étape de cet accompagnement des producteurs des appellations du Languedoc vers l’export.



