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Bilan mitigé pour les vins du Beaujolais à la reconquête de Lyon
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Premier salon et première marche
Bilan mitigé pour les vins du Beaujolais à la reconquête de Lyon

La première édition à Lyon du salon professionnel B to Beaujolais organisé par l'interprofession n'a pas fait le plein, avec 180 visiteurs, mais les vignerons présents restent motivés pour conquérir ce marché de proximité.
Par Bérengère Lafeuille Le 04 février 2026
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Bilan mitigé pour les vins du Beaujolais à la reconquête de Lyon
Rouges et blancs, jeunes et vieux millésimes, cuvées parcellaires de lieux-dits : toute la diversité du beaujolais était représentée au salon B to Beaujolais, dans l'espoir de reconquérir les cartes et les rayons des professionnels lyonnais. - crédit photo : Bérengère Lafeuille
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tratégique par sa proximité géographique et culturelle, la capitale des Gaules reste une terre à conquérir pour nombre de vignerons du beaujolais. L'interprofession des vins du Beaujolais (InterBeaujolais) avait donc concocté un programme aux petits oignons pour la première édition du salon professionnel B to Beaujolais, lundi 2 février à Lyon (Rhône) : présence de 84 vignerons représentant les douze appellations, des masterclasses avec le Meilleur Ouvrier de France sommelier Laurent Derhé, un buffet traiteur offert. « Il faut être présent pour favoriser les rencontres, aller au contact de nos clients et passer un moment agréable avec eux », expliquait le délégué général d'Interbeaujolais, Olivier Badoureaux, à l'ouverture du salon, s'affichant « confiant même si la période est compliquée notamment pour les restaurateurs ». L'enjeu était d'autant plus fort que, même si les stocks de vins restent maîtrisés en raison des faibles rendements des derniers millésimes, les sorties sont en recul de 5 % sur le dernier semestre 2025 par rapport à 2024.

Trop proche et trop loin

« Lyon est à la fois proche et trop loin pour avoir le temps d'y prospecter, vu le temps occupé par nos vignes, notre ferme auberge et notre boutique », résume Arnaud Despres, du domaine de la Madone à Fleurie, à la recherche d'un agent pour distribuer ses vins sur Lyon. Même problématique pour Julien Bertrand, du domaine éponyme : « Il y a déjà tellement de monde à Lyon qu'il faut beaucoup de présence terrain pour se faire une place ; on n'a pas ce temps quand on est deux sur 11,5 ha en bio. La demande est dynamique sur les blancs mais c'est plus compliqué sur les rouges : on avait tous sorti la tête de l'eau au moment du covid, et on replonge petit à petit... » Avec ses collègues, il espérait prouver aux acheteurs que la richesse des vins du beaujolais peut répondre aux attentes des consommateurs. « Le gamay permet de s'amuser, abonde Benjamin Azzara, qui a créé son domaine dans les crus il y a trois an. Avec un cépage unique, on laisse s'exprimer le terroir et les choix du vinificateur. » L'effet millésime joue aussi à plein... Et le salon était l'occasion de réhabiliter un millésime 2024 ayant souffert d'une mauvaise presse : « frais, léger, il est dans l'air du temps », reprend Julien Bertrand, qui avoue cependant avoir plus de mal à vendre le 2024 « pas parce que les vins seraient moins bons, mais parce qu'on a tellement souffert à la vigne qu'on a presque envie de l'oublier ».

Mi-figue mitigé

En milieu d'après-midi, de nombreux exposants s'avouaient un peu déçus de la fréquentation. Avec 180 entrées, les visiteurs ont été moins nombreux que les 280 inscrits (sur un objectif initial de 300). Les défections ont été surtout marquées du côté des restaurateurs, même si parallèlement des visiteurs non-inscrits sont venus. Beaucoup de visiteurs se sont aussi avérés très sélectifs, en ciblant les blancs ou les crus les plus confidentiels, tandis que d'autres venaient davantage saluer leurs fournisseurs habituels qu'en chercher de nouveaux.

Si on ne s'occupe pas de la grande métropole de Lyon, d'autres le feront

Même en se démarquant avec ses Moulin-à-Vent 2016 et ses Fleurie en canette, Anne-Victoire Monrozier a vu peu de monde sur son stand : « j'ai dû aller les chercher moi-même », soupire-t-elle. Didier Rageot, directeur de la cave coopérative du château de Chénas, ne s'avoue pas vaincu : « Même si ce n'est pas un grand succès en termes de fréquentation, il faut persévérer car nos vins n'ont pas à rougir de leur qualité. Et si on ne s'occupe pas de la grande métropole de Lyon, d'autres le feront. »

Au domaine JP Rivière, Marine Rivière reste toujours optimiste. Si l'appétence pour les blancs est claire, ses ventes de rouges se maintiennent, encore plus sur les beaujolais génériques au rapport qualité prix imbattable. « Lyon est déjà un beau marché pour nous mais il reste plein d'opportunités pour tout le monde, vu le nombre de cavistes et restaurants, assure-t-elle. En plus de la qualité des vins, ils recherchent de la proximité et de l'authenticité : c'est une force du beaujolais. » Celle qui a préparé son salon en amont en constituant un fichier de 110 prospects à inviter par mail et SMS reconnaît qu'il faut se battre pour faire et garder sa place. « Mais dans le beaujolais, on se bat depuis des décennies : on a l'habitude ! » , sourit-elle.

Pas question pour les vignerons du beaujolais de lâcher l'affaire : la prochaine étape de la reconquête lyonnaise doit se jouer en mai, avec le festival des Gamay Days tourné cette fois vers le grand public.

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