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« Nous prenons vite des habitudes qui peuvent faire plus de dégâts qu’on ne le pense dans les vignes". Quand les tailleurs font appel à un coach
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Reportage
« Nous prenons vite des habitudes qui peuvent faire plus de dégâts qu’on ne le pense dans les vignes". Quand les tailleurs font appel à un coach

Ancien ouvrier viticole devenu formateur, Benjamin Hirondeau emmène les viticulteurs vers des gestes de taille plus réfléchis et plus respectueux des vignes. Reportage lors d’un de ses coachings.
Par Benoît Caurette Le 02 février 2026
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« Nous prenons vite des habitudes qui peuvent faire plus de dégâts qu’on ne le pense dans les vignes
Benjamin Hirondeau, conseiller viticulture à la chambre d'agriculture de la Charente réalise un coaching de taille chez Laëtitia Bache-Gabrielsen, gérante de la SCEA de Pommerades à Bassac (Charente). - crédit photo : Benoit Caurette
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e regard pétillant, Vanessa Raffin réclame un brin d’indulgence à l'entrée d’une parcelle d’ugni blanc qu’elle taille depuis onze ans, ici à Bassac, en Charente. « J’ai appris sur le tas, en suivant les conseils des uns et des autres », sourit-elle ce matin de janvier. Dans quelques instants, elle va bénéficier du coaching de taille demandé par sa patronne, Laëtitia Bache-Gabrielsen, gérante de la SCEA de Pommerades (40 ha).

Huit dates déjà programmées cette année

Proposé par la chambre d’agriculture de la Charente, ce service, encore discret mais en plein essor, est animé par un pro de la taille : Benjamin Hirondeau, ex-ouvrier viticole, quinze ans d’expérience. En 2025, il a mené deux coachings. Cette année, huit dates sont déjà programmées.

L’an dernier, Laëtitia Bache-Gabrielsen a converti 15 de ses 40 ha à la taille rase. Elle pensait d’abord solliciter ce coaching pour évaluer cette conversion, « trop hâtive », admet-elle. Mais elle a réalisé qu’un audit global des pratiques de taille s’imposait. « Nous prenons vite des habitudes qui peuvent faire plus de dégâts qu’on ne le pense. Si nous avons autant d’esca chaque année [5 % de perte environ], c’est sûrement en partie lié », indique-t-elle.

Ce 14 janvier, les trois tailleurs de l’exploitation sont là : Vanessa Raffin, Baptiste Beau – le chef de culture – et Laëtitia Bache-Gabrielsen. Tous trois sortent d’une heure de cours théorique sur la taille Guyot-Poussard, dispensé en salle, devant l’alambic du domaine. Respect des flux de sève, choix des bois fructifères, conservation d’un cône de desséchement : le coach a abordé tous ces sujets. « Mais la théorie ne suffit jamais, nuance-t-il. L’idée est de montrer dans la vigne que ce que je dis c’est du concret. »

Du concret

Sécateur en main, il entre dans la parcelle pour un examen minutieux des pieds taillés en guyot double avec deux lattes de six à huit yeux suivant la vigueur du pied et deux coursons de rappel d’un œil franc.

Place à l’examen des coursons. Le coach observe qu’ils ont généralement un œil franc comme le veut la règle, mais parfois cet œil est situé au-dessus du courson et non pas en dessous, comme cela devrait être le cas. Pour Benjamin Hirondeau, c’est une erreur. « Lorsque le premier œil franc est placé sur le dessus, il faut l’éborgner et tailler après le deuxième œil si le sarment est assez vigoureux pour cela, explique-t-il. Sinon, on taille sur le bourillon. Il y a peu de risques qu’il n’y ait pas de bois qui reparte l’année suivante ».

Le coach s’arrête devant un courson de l’an dernier, parti au-dessus du flux de sève, et qui a donné une latte. Dans ce cas, il recommande de « tout supprimer et d’aller chercher une latte et un courson sur celle de l’an dernier. Si vraiment cette latte est dévitalisée, ce qui est extrêmement rare, on prendra un courson sur celle d’avant, mais c’est vraiment le dernier recours. »

Rien n'échappe au formateur

Cep après cep, on observe, on hésite, on débat. Rien n’échappe au formateur. Chacun retient de ses erreurs. « Mon défaut c’est de laisser des coursons au-dessus du courant de sève et trop longs. Souvent, je laisse trois yeux au lieu de deux, par peur qu’il y ait de la casse et que ça ne reprenne pas l’année d’après », admet Vanessa Raffin.

Laëtitia Bache-Gabrielsen, elle, avoue choisir en priorité les bois qui lui permettent de raccourcir les pieds, par mesure d’esthétisme. Benjamin Hirondeau démontre que c’est au détriment de bois plus fructifères. « Dans le contexte actuel, ça n’est pas grave d’affaiblir le rendement », répond la viticultrice. « Tailler c’est rétrécir, contenir et parfois allonger », reprend le formateur, invitant l’assistance à préserver de « bonnes habitudes » en toutes circonstances.

« Dans la même idée, j’ai tendance à couper trop à ras des yeux, pour faire joli. Je comprends maintenant qu’il faut garder des onglets de dessèchement, c’est très important pour lutter contre les maladies du bois », poursuit la viticultrice.

Baptiste Beau, sceptique au départ, reconnaît : « J’ai tendance à tailler trop long, à laisser systématiquement une dizaine de yeux fructifères, alors que ce devrait être du cas par cas, en fonction du pied. »

Le coach résume : « Il y a de bonnes bases mais la taille peut être optimisée. On retrouve les erreurs classiques : des coursons positionnés au-dessus du courant de sève, des lattes prises sur des bois de plus d’un an, des cônes de desséchement trop ras. » Selon lui, une bonne semaine suffit pour adopter de nouvelles règles, à condition de prendre le temps de réfléchir devant chaque pied. « Cette baisse de productivité temporaire est un gain pour l’avenir », assure-t-il. 

Une facture de moins de 500 €

La chambre d’agriculture de la Charente propose ce coaching taille depuis plus de cinq ans aux viticulteurs du département. Benjamin Hirondeau, conseiller viticole, ancien salarié viticole, assure la prestation. Il propose deux formules (2 h ou 4 h) au coût horaire de 102 €. Toutes les sessions se tiennent directement sur les exploitations.

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