lle reste une locomotive pour le vignoble du Gers. L’IGP Côtes de Gascogne, dont la production en volume concerne en majorité des vins blancs, « est dans une très bonne dynamique », annonce Olivier Bourdet-Pees, directeur de l’union coopérative Plaimont (caves de Condom, Madiran, Saint-Mont et Mézin rassemblant 550 coopérateurs pour 4 500 hectares, principalement dans le Gers). Preuve de cette tendance : le succès d'Elia, un colombard, naturellement à 9° d'alcool, frais et aromatique. « Depuis le lancement, il y a cinq ans, les ventes progressent de 30 à 40 % chaque année. En 2025, nous avons dépassé le million de bouteilles vendues ».
Cette dynamique est portée par les vins Côtes de Gascogne haut de gamme. « Ces profils aromatiques, gourmands, ronds, avec de faibles degrés d'alcool et pas trop chers sont demandés », constate le directeur de Plaimont. « Côté vrac, nos vins correspondant à ce profil ont tous été vendus. Il ne nous reste plus rien », ajoute-t-il avant de préciser que la tendance est également très bonne sur les ventes de bouteilles des vins du même profil.
Henri Feret, courtier en Gascogne depuis plus de 25 ans, observe également le dynamisme du marché pour les blancs « qualitatifs ». Et de préciser : « au même niveau de qualité, je vends aussi bien des colombard ou des sauvignon en IGP Côtes de Gascogne ou en Vin de France, et au même prix. Il y a une forte demande de jolis sauvignon ou de jolis colombard dans la gamme de prix 85 – 100 euros / hecto. »
Pour Olivier Bourdet-Pees, le vignoble pourrait même gagner des parts de marché grâce à ces vins haut de gamme. « Nous avons de vraies opportunités sur certains marchés à l'export, en attente de ce type de profils. Je pense notamment à l'Angleterre où il y a une volonté administrative de favoriser des vins avec des niveaux d'alcool modestes. » Mais aller ces marchés n'est pas toujours possible, par manque de vins, le vignoble se heurtant à une récurrence de petites récoltes depuis 2021.
Cependant, cette dynamique ne s'étend pas au segment des vins d'entrée de gamme. « Il y a vraiment un marché à deux vitesses. Pour les entrées de gamme, cela ne suffit plus de s'appeler Côtes de Gascogne. Surtout à l'export. Des parts de marché ont été perdus », constate Olivier Bourdet-Pees. En cause, un marché, qui en se mondialisant, est devenu plus concurrentiel. « Des vins d'Europe de l'Est, mais aussi d'Afrique du Sud arrivent à des prix défiants toute concurrence », continue le directeur de Plaimont. Pour ces vins, où il y a une véritable difficulté de mise en marché, les prix ne sont pas au rendez-vous. Pour le vrac, les vins d'entrée de gamme peuvent se vendre « entre 75 et 85 euros l'hecto », fait savoir le courtier Henri Feret. Alors qu'il faut au minimum entre « 100 et 110 euros l'hecto, pour faire vivre le vigneron », estime Olivier Bourdet-Pees.
Cap d’avenir
Dans ce contexte, il est important pour le directeur de Plaimont de « maintenir la qualité de la viticulture, produire régulièrement des vins haut de gamme et ainsi avoir la possibilité d'aller chercher des marchés ».




