l l’avait déjà affirmé lors de l’inauguration du salon. Le président de SudVinBio Julien Franclet le répète à l’occasion d’une table ronde dédiée aux accords de durabilité pendant ce Millésime Bio 2026 : « ils sont un progrès considérable pour notre filière bio, pour stabiliser les prix à un niveau rentable pour la production, apporter la perspective de durabilité, tout en constituant un outil de transparence sur le prix pour le consommateur. Et quand celui-ci sait que l’argent qu’il donne va au producteur, il est prêt à payer plus ! ».
Si ces accords ont « permis de mettre d’accord toutes les parties de la filière, production et metteurs en marché, sur des coûts de production, ce qui n’est pas une mince affaire ! Sur la base de chiffres non-réfutables et non contestés de CerFrance et de la compilation de coûts de vinification de 150 caves coopérative suivies par la fédération de la Coopération agricole », valide le directeur de la coopérative gardoise des vignobles d’Héraclès, c’est la transmission de cette information au consommateur qui figure à présent comme l’enjeu de valorisation des vins bio sur les marchés. Car « le consommateur n’a pas connaissance de la différence des coûts liés à la production, or l’acceptation du prix par le client final est conditionnée à sa compréhension de celui qui le produit », enchaîne Carole Frelin, co-dirigeante du négociant et producteur de vins bio les vins Jacques Frelin.
« Pour l’heure, il n’y a trop peu de volumes de vins de pays d’Oc bio en vrac pour tirer des conclusions sur les effets de ces accords », pose le président des Vignerons coopérateurs d’Occitanie Fabien Castelbou. D’autant que sur HVE, « on a vu dès la sortie de l’accord des propositions de prix pour les marchés de GD inférieures de 3 €/hl au prix d’orientation proposé ». Il souligne néanmoins un effet positif déjà mesurable, « avec une diminution nette de la quantité de transactions dans la tranche basse de prix par rapport à la campagne précédente ». L’interprofession des vins de Pays d’Oc a d’ailleurs pris le parti de communiquer ses mercuriales par tranches de prix plutôt qu’en prix moyens. « Les marchés avaient tendance à s’aligner ces prix moyens alors que les tranches de prix laissent plus de place à la valorisation, on le constate nettement en ce début de campagne avec cette tranche basse qui diminue au bénéfice des tranches médianes et hautes », valide la directrice d’InterOc Florence Barthès.
Passer le cap de l’information de ces coûts de production d’un vin bio auprès du consommateur constitue donc l’étape ultime de pérennisation de la valorisation, donc de durabilité. « Plusieurs pistes sont sur la table, dont celle d’une labellisation à l’image de celles du commerce équitable ou de ‘c’est qui le patron ?’ », indique Fabien Castelbou. Les intervenants avertissent néanmoins de la distinction de deux circuits de distribution du vin bio, avec des valorisations qui se portent bien pour le conditionné mis directement en marché par le producteur. « Jusqu’à 2022, le marché vrac du vin bio se portait très bien, avec une déstabilisation liée à l’arrivée massive de conversions ensuite », rappelle le représentant des Vignerons indépendants Patrick Guiraud. « C’est d’ailleurs sur une valeur correspondant au niveau de prix d’avant 2022 que s’est finalisé le prix d’orientation de vins de pays d’Oc bio dans ces accords de durabilité. Mais la détérioration des prix du vrac ne doit pas entraîner dans son sillage ceux des bouteilles », poursuit-il.
Il va donc s’agir à présent d’engager la machine de la grande distribution dans cette logique de stabilité de prix à un niveau rentable pour la production. Or, les marques de distributeur des enseignes constituent une part conséquente de leur offre. Fabien Castelbou pointe pourtant une perspective de ciel plus bleu là-dedans : « c’est la tranche des vins à moins de 3 € qui s’effondre en grande distribution, le combat pour les vins valorisés peut donc être mené à leurs côtés, ils sont en attente de nos propositions ! ».




